Pellimore pour vous servir

♣ CHAPITRE 5 - UNE ALLIANCE IMPROBABLE

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 Pellimore pour vous servir

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MessageSujet: Pellimore pour vous servir   Sam 9 Juil - 21:11

    Le fait de bien connaître son ennemi n'est-il pas à notre avantage ? Gardez vos amis proches, vos ennemis d'avantage. Mettez vous bien ça dans le crâne. C'est pourquoi on ne peut faire confiance à n'importe qui. Sans véritablement connaître celui que nous côtoyions, c'est déjà perdu. Et on ne parle pas ici du moment où vous commencez à douter de l'autre, là vous êtes dans un sale pétrin car il vous tient par le bec sans que vous puissiez dire un seul mot ou même chuinter.

    Pellimore avait fait de gros efforts depuis son arrivé dans ce lieu de sangs-purs. Oh oui, elle avait même progressé depuis ces premiers semaines ici. C'était sans parler du fait qu'elle savait déjà voler à son arrivé. Qu'est-ce qui la forçait à rester dans cet endroit maudit, sans s'envoler au loin ? Elle, contrairement aux autres, n'avait pas le cerveau lavé par ces chouettes qui se voulaient maîtres du monde. Non elle restait pour être certaine que dès le moment où elle quitterait cet endroit, et si on la poursuivait, elle saurait combattre adéquatement en retour. D'ailleurs, il ne fallait pas ôter le fait qu'elle n'était jamais seule, ou presque. Les gardes surveillaient chaque recoin où l'on pouvait s'échapper. Il y avait peut-être seulement cette lisière qui était moins surveillée, mais ça restait tout de même très près et à la vue. De plus, peut-être attendait-elle de trouver un camarade qui était dans le même état qu'elle, et qui pourrait l'aider à s'échapper. À deux, c'est toujours plus facile de combattre.

    La jeune chouette adulte se contentait de se fondre dans la masse tout en surclassant ses camarades lorsque l'occasion se présentait. On s'entend que juste à l'exercice de vol, c'était gagné. Les autres étaient des combattants féroces qui voulaient tous la même chose, gagner les faveurs des sangs-purs. On va dire que c'était le cas de Pellimore aussi, aux premiers abords. Pour rien au monde elle ne voulait être mise en bas, au pelotorium avec ces pauvres chouettes déboulunées. Juste d'y penser, cela lui donnait des frissons incontrôlables. Elle avait croisé souvent le regard vide de certain et bon sang, est-ce que ça se guérissait seulement ? Elle espérait ...

    Le soir même, on venait d'annoncer l'alerte maximale. Une chouette s'était enfuie. Mince, qui était-ce ?! Et surtout, comment avait-elle réussit à passer ? Pelli n'avait aucun doute que Nyra ferait passer un mauvais quart d'heure aux gardes qui l'avait laissé filer. N'en restait pas moins, qu'on ordonna de former des équipes de deux soit une chouette plus expérimenté et une recrue pour voler et ramener cette malheureux chouette qui passerait sans doute un mauvais temps à son retour. Se tenant en rang parmi les autres recrues, Pellimore restait droite en fixant droit devant elle, comme tout le monde. Son visage restait de glace pendant que l'assignation se faisait. Mais c'était donc bien long ! Excitée par cette mission, non pas que ça la réjouissait, mais de seulement sortir de cet endroit lui donnait envie, la tyto se retenait de ne pas piétiner le sol rocailleux sous ses pattes beiges. Lorsqu'une voix féminine prononça son nom, Pellimore se redressa fièrement. En tout cas, elle était contente que ce ne soit pas Kludd. La chance était-elle de son côté ? Oh peut-être bien. Tournant la tête pour s'avancer vers sa coéquipière, Pellimore révisa ses pensées. S-U-P-E-R ! C'était ironique vous méprenez pas ! Mononoké, la chef des soldats en personne. Non franchement, Kludd aurait peut-être été un meilleur choix. En même temps, elle pouvait voir le regard jaloux de plusieurs autres recrues. Ah tient, tant mieux ! S'avançant jusqu'à cette chouette pâle au plumes soyeuses pour un soldat, Pelli inclina la poitrine en signe de salutation. Elle n'était pas n'importe quel soldat, c'était LA soldat, LA sang-pur. Oh pas comme Nyra mais c'était tout comme non ? Toujours inclinée, la tyto ajouta à son égard :


    - Ce sera un plaisir de voler à vos côtés. Pellimore pour vous servir.


    Est-ce que c'était trop ? Vu le grade qu'avait Mononoké, elle ne pensait pas trop en faire, c'était la bonne mesure pour avoir son respect et peut-être même sa confiance à elle.

    Par grande chance que Pellimore avait pensé à manger la veille, en double même. Elle sentait que le voyage allait être particulièrement long et surtout, nouveau pour elle ? En effet, le désert de Kunir était leur destination. Elle n'y avait jamais mis les ailes avant, ce serait une première. D'autant plus excitant ! Ne se faisant pas trop bavarde pendant les préparatifs du voyage, la recrue s'était contenté de suivre sa supérieure silencieusement en lui prêtant l'aide nécessaire qu'elle avait de besoin. Parfois même, elle s'était avancé sans que la chouette n'ait besoin de le dire. Appréciait-elle cette prise d'initiative ? Elle le saurait bientôt ! Volant quelques pouces derrières cette chouette adulte, Pellimore la suivait, en ne sachant pas très bien où chercher ou aller tout simplement. Certes elle aurait pu se fier à son gésier, chose qu'elle aurait faite toute seule, mais Mononoké semblait savoir très bien où se diriger donc, pourquoi ne pas la laisser faire ?

    Un peu distraite, suivant toujours l'autre, Pellimore fermait les yeux de temps en temps. Elle aimait ressentir l'air chaud dans ses plumes, sur son visage, sur son dos. Elle détestait le froid, l'humidité de l'endroit où elle vivait. Elle espérait profondément que cette recherche dure longtemps, qu'elle puisse profiter du climat agréable de Kunir. Peut-être valait mieux ne pas trop rêver, quitte à être profondément déçu, et ça, elle connaissait. Après un moment de silence et de rêverie, la jeune adulte demanda :

    - Que savons-nous sur cette chouette qui s'est échappée ? Et puis, comment c'est possible d'avoir passé outre les gardes ?

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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Sam 9 Juil - 21:44

    On ne s'échappe pas de St-Aegolius : on y périt lentement. Cette chouette évadée, Mononoké ne l'avait jamais croisée auparavant. C'était une chevêchette elfe, comme on en trouve souvent. Petites, mais très malignes, et habiles de leur ailes en plus. d'excellente naviguatrice ! Le coup était préparé. La chouette était une bonne actrice, doublée d'une fourbe : elle avait tué un garde et assomé un autre pour s'échapper. Cependant, ces gardes n'étaient que de simples recrues, et la chevêchette ne tiendrait pas contre la redoutable chef des guerriers. Et puisque Mononoké pouvait bien faire le travail toute seule, elle n'avait pas choisit un de ses deux favoris, Raven et Kludd, mais une chouette au hasard. Dans la hâte du départ, elle avait prit un nom dans sa liste.

    Il y avait du sang sur sa serre. Elle n'avait eu besoin que d'une de ses puissantes serres aïguisés pour tuer le deuxième garde. On n'a pas besoin de faibles dans l'armée du Mal ! Elle observa les étoiles. C'était une nuit sans lune, on les voyait particulièrement bien. C'était parfait. Le profil psychologique de la fugeuse indiquait qu'elle irait voir si ses parents nichaient encore dans son lieu de naissance, c'est à dire le désert de Kunir pour cette petite-là. C'était donc là que se dirigeait le binôme. Cette effraie avec qui Mononoké s'était mise, Pellimore, semblait respectueuse. Mais la Princesse se méfiait : elle ne la connaissait pas. On disait qu'elle se débrouillait bien. Mais bien, ce n'est pas suffisant.

    Les deux chouettes survolaient à présent le désert de Kunir, Pellimore légèrement en retrait. Cette dernière, après un long mutisme, posa la question qui lui brûlait le bec. Mononoké la regarda. La fureur se lisait dans ses yeux. Quelle imprudente, cette chouette ! Une question, à St-Aegolius ! Cependant... les questions étaient interdites pour les faibles, pas pour les nobles. Les tytos avaient le droit d'en poser de temps à autre.

    "chevêchette elfe adulte, non déboulunée. Elle a tué un garde et assommé un autre."

    Mononoké ouvrit ses serres. Il restait du sang séché sur l'une d'elle, ce qui la rendait encore plus terrible. Elle sonda le sol. D'après celui qui l'avait ramené, la fuyarde habbitait par ici. Mononoké entama une descente, puis se mit à planer si près du sol que ses serres le frôlait. Cette figure demandait des années d'expérience, car les courants au sol taient rares et il fallait avoir les ailes sensibles pour les sentir. Soudain, la chef sentit dans son gésier qu'elle était proche. Très proche. Elle se posa et fit signe à Pellimore de s'approcher.

    "Elle a ton niveau de combat, alors reste en retrait. Elle va tenter de s'échapper : attends-là dans les airs. Rappel toi : Nyra la veut morte ou vive. Et moi... je la veux morte."

    Ces paroles étaient chuchotées, car on pouvait entr'apercevoir un plumage roux de temps à autre. Mononoké s'approcha lentement, une implacable cruauté dans ses yeux. Enfin, elle allait avoir sa vengeance. Mais elle rechignait à tuer tout de suite cette fuyarde : pour une fois qu'elle avait un pantin amusant avec lequel jouer ! Et cette Pellimotre, qu'on disait supérieur aux autres, devait bien faire ses preuves, non ? Aussi, lorsque la chouette s'élança hors de sa tanière, Mononoké fit exprès de la laisser s'échapper, en lui ouvrant au passage une large plaie dans le ventre, histoire que Pellimore soit avantagée. Et, comble de la gentillesse (c'est ironique), elle encouragea son soldat :

    "Petit test ! si tu la laisse s'échapper, tu aura très, très mal !"
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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Dim 10 Juil - 4:05

    Pellimore ne savait pas trop à qui elle avait affaire mais le regard furieux que sa supérieure lui lança, suite à sa question, permit de le découvrir. Oh non, elle était loin d'être une gentille. D'ailleurs, une sang-pur gentille ? Haha. La jeune Tyto rigola un peu dans sa tête tout en poursuivant son vol, se contentant de se fermer le bec pour la suite du déroulement de l'opération. Avec Mononoké du moins c'était clair, parler le moins possible et surtout NE PAS poser de question, bien important. En silence se déroula le reste du voyage. Observant les étoiles au dessus de sa tête, Pellimore les contempla tous autant qu'elles étaient puis fut distraite par sa coéquipière qui amorça une descente plutôt rapide. Elle l'avait repéré sans aucun doute ! Suivant Mononoké de près, la chouette effraie resta toutefois un couloir plus haut que la grande chouette. Valait mieux la laisser en bas, et ne pas tenter ce que l'autre devait avoir pratiqué pendant des journées entières. Peut-être aurait-elle été capable, mais valait mieux ne pas se planter sur ce coup là. Et puis, tenter de la surpasser n'était certainement pas une bonne idée ! Kludd ça aurait pu passer, mais pas Mononoké ! Certes le mâle pouvait se montrer fort et habile mais pour la commandante, elle avait tout simplement l'air d'une furie meurtrière. Valait mieux ne pas la provoquer. Enfin, ce n'était que l'avis de Pelli hein ...

    Allant se poser délicatement près de Mononoké, la jeune recrue replia ses ailes sur son dos en tournant la tête vers elle. Tout son attention était tournée vers son chef alors qu'elle écoutait bien et clairement les instructions. Lorsque cette dernière prononça "Et moi je la veux morte", Pellimorte pencha la tête de côté en fronçant les sourcils. Est-ce qu'il lui manquait de neurones à celle-là ?! Bon sang, pauvre petite chevêchette ! Ne laissant pas paraître son agacement, ni son hésitation, la chouette effraie gonfla ses plumes en étirant les ailes. Elle avait comprit et n'hésiterait pas à faire son travail et à impressionner Mononoké. Poussée de ses pattes, la chouette s'envola de sa branche avec grâce et monta haut dans le ciel. De sa vue perçant, elle n'aurait aucunement du mal à voir la pauvre chouette sortir de sa cachette. Planant sur place, attendant de la voir sortir, Pelli serra le bec lorsqu'elle vit l'autre la blesser. Quoi ?! Pourquoi avait-elle fait ça ? Elle la croyait trop faible pour en venir à bout d'une minuscule chevêchette elfe ? Quelle honte quand même ... Elle était quatre fois plus grosse que cette petite chouette et voilà que son chef se voyait forcé de l'avantager. C'était vraiment contrariant. Dans un cri perçant, empreint de colère, Pellimore fendit l'air en piquant du bec vers sa proie. Petit test ? Elle allait voir de quoi elle se chauffait cette Mononoké. Elle avait beau être la chef de tous, ça ne faisait rien. Les ailes pliés contre elle-même pour se donner de la vitesse, la chouette frappa de plein fouet la fugitive en l'envoyant valser au loin. Avec la vitesse qu'elle arrivait, ça avait du sonner fort ! Pelli elle, avait sentit un peu le choc, mais elle allait y survivre. Elle était surtout excitée, non pas totalement, plutôt énervée de montrer ce qu'elle allait faire. De lui montrer qu'elle était capable elle aussi, de saigner sans pitié une des leurs. Attendez, pas totalement sans pitié, mais tout de même. Elle se devait de se montrer ainsi, pour sauver les apparences. D'ailleurs, elle connaissait personnellement cette petite chouette. Elles s'étaient aidés dans les débuts mais là, Pellimore n'avait plus le choix. Dire qu'elle allait tuer une amie ? Refoulant cette pensée, celui où elle devrait vivre avec cet immense sentiment de culpabilité qui la suivrait pendant très très longtemps, la recrue se dirigea à vive allure vers la chevêchette un peu sonnée. Elle était parterre, sur le sol. Atterrissant silencieusement juste devant elle, la jeune adulte ouvrit grand les ailes en poussant à nouveau un cri strident, plumes retroussées et cou allongé. Elle ne mit pas longtemps avant de sauter sur l'autre petite en la saisissant avec l'une de ses serres.

    La suite se passa trop lentement pour Pellimore. Les yeux rivés sur la chouette qu'elle tenait entre ses serres, elle décida d'en finir là maintenant. Saisissant l'autre par la gorge, elle y donna un coup de bec vorace qui eut pour effet de la transpercer au complet. Les ailes toujours grandes ouvertes, elle poussa un cri de victoire alors que le sang giclait sur son bec, sur sa langue et un peu partout sur son magnifique plumage. Tenant la petite chose inerte dans son bec sans la lâcher, Pelli haleta en se redressant. Elle la tenait comme elle tenait un vulgaire rongeur. Que venait-elle de faire ? Y avait-elle prit plaisir ? D'une part oui, simplement pour y lire la satisfaction sur le visage de Mononoké mais d'un autre, c'était atroce ! Incapable de la relâcher, Pelli tourna la tête vers sa chef en la regardant dans les yeux, essoufflée. Mais de quel combat ? Elle avait à peine eus à faire quelque chose ! Non ce qui l'avait essoufflé c'était de commettre cet acte odieux. Réalisant qu'elle venait d'ôter la vie pour toujours à cette petite chose qu'elle avait connue, Pelli cligna des yeux plusieurs fois et poussa un dernier cri, plus léger celui-ci. Elle était incertaine de ce qu'elle venait de faire. Pour Mononoké était-ce bien ou mal ? Fallait-il vraiment qu'elle la tue ou aurait-elle pu simplement se contenter de la ramener un peu amochée au bercail ? Elle n'était plus sûre de rien à présent. Elle attendait surtout une réponse de sa coéquipière qui l'avait un peu forcée à faire tout ça. Allait-elle être fière, ou dégoûtée comme elle l'était au plus profond d'elle-même ? Le sang continuait de couler sur les plumes de sa poitrine. Elle faisait peur à voir, ou pitié. Du sang un peu partout, les plumes ébouriffées et cette lueur incertaine dans les yeux, attendant le verdict de celle qu'elle tentait d'impressionner à l'instant.

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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Dim 10 Juil - 12:07

    Mononoké observait la scène depuis le sol. La baguarre avait été courte mais riche en révélation. Le petite chouette s'écrasa sur le sol et demeura inerte. La victorieuse faisait peur à voir, toute barbouillée de sang et les plumes encore gonflées. La Princesse chuinta doucement. Comme quoi on pouvait gagner et perdre un test en même temps ! Elle s'envola et se déposa près du corps sans vie de l'effrontée emplumée. Puis elle se pencha doucement vers la gorge ouverte et but son sang ! D'un coup, elle balança sa tête en arrière et rit. Un rire franc, sans démence.

    "Délicieux, n'est-ce pas ? Sirop de fraise et myrtille. L'illusion parfaite !"

    Tout en continuant à chuinter, Mononoké retourna le corps et enleva les plumes du dos, dévoilant un rouage assez sophistiqué. Le corps n'était qu'une ossature de bois creux, recouverte de plumes. En ationnant une poignée, la chef enclencha un ressort. Les pseudos-ailes s'agitèrent mollement. Le pantin était détruit, mais il s'élèva tout de même de quelques centimètres avant de retomber au sol. Ce n'était qu'une marionette avec une poche de sirop pour imiter le sang, mais il avait été fait avec beaucoup de minutie.

    "Tu a gagné dans le sens où tu as détruit ce pantin, mais tu a perdu car tu n'a pas découvert la supercherie. Des pantins comme celui-là ont été disséminés. Le but est de savoir quels sont les jeunes reccrues qui rechignent à tuer. Avec un examinateur basique, tu aurais pu t'en sortir. Mais pas avec moi."

    L'effraie gonfla ses plumes, tremblante de rage. Elle avait analysé le combat de Pellimore et découvert un secret plutôt bien caché. Un secret qui n'a pas de raisons d'être dans l'armée des tytos. Il était temps de régler son compte à cette prétentieuse qui osait jouer double jeu. Mononoké commença à lui tourner autour, un air mauvais sur son visage en forme de coeur.

    "Tu l'a fait. Mais tu en a été dégoûtée. Qui croit-tu berner, Pellimore ? Les autres, peut-êtres. Les soldats d'en bas. Tu veux donc t'enfuir de St-Aegolius, hein ? Eh bien, je crois que je vais devoir... t'aider !"

    Les retournements de situations, les faux airs fâchés, décidément Mononoké adorait cela ! Non mais, vous avez cru qu'elle avait assassiné un garde ? Vous êtes fou ! Elle a beau avoir une réputation de chef cruelle et sanguinaire, ce n'est qu'un masque. Mononoké veille sur ses soldats comme une mère sur ses petits. Chacun d'entre eux à été sélectionné avec soin. Elle attends le meilleur d'eux mais leur donne en retour. Lorsque l'un d'entre eux s'enfuit, elle en est profondément blessée, car elle a cru en lui. Mais lorsqu'elle le découvre avant, c'est une autre affaire. Si elle fait régner une discipline de fer, c'est pour que Bec d'Acier n'ai pas à les punirs pour des erreurs qu'ils auraient pu éviter.

    "C'est ton choix et je le respecte. Que croit-tu ? Je ne suis pas un monstre ! Sache cela : je ne tue pas les moins forts que moi. Et lorsque je me bat, tout ce que j'éprouve, c'est du respect pour le guerrier qui est à ma hauteur et me défie. Deviens une Gardienne si ça te chante, sois plus forte jour après jour, et lorsque tu sera à mon niveau, nous pourrons nous battre? Tu sera certes dans le camp adverse, mais cela n'enlèvera rien à ton statut de guerrière"

    En disant ces derniers mots, ce n'était plus de la neutralité, de la fureur ou de l'amusement qu'on pouvait lire dans les yeux de nuits de Mononoké, mais de l'affection. Une affection sincère et sans compromis, comme l'est celle de deux amies. Peut importe le clan : après tout, Noké l'avait dit : elle ne combattait pas les Gardiens mais leurs idées. Elle jeta un oeuil au pantin, puis se tourna vers Pellimore et lui chuinta :

    "Pars. J'en assumerai les conséquences. Je leur dirais que tu est morte pendant la mission, tu aura la paix. Tu ne croisera personne avant longtemps : les autres sont à l'opposé. Nous ne sommes plus dans le même camp. Je ne suis plus ta supérieur, alors..."

    Noké lui fit un clin d'oeuil (oui oui, c'est possible chez les chouettes aussi) et lui tendit son aile.

    "amies ?"
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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Mar 12 Juil - 4:11

    On pouvait affirmer une chose sûre, c'était que ces sangs-purs étaient fêlées ! Pellimore avait laissé tombé le corps de la chouette sur le sol et avait été d'autant plus dégoutée de voir la grande Mononoké s'approcher de cette chose inerte et d'y boire le sang qu'elle renfermait ! C'était odieux, réellement ! Finalement, elle était peut-être pire que ce qu'on disait, peut-être les rumeurs que tous disaient étaient fondé. La jeune recrue n'avait pourtant pas détourné le regard, encore sous le choc de ce que l'autre pouvait ou pourrait accomplir de pire. Y avait-il une chose pire que cela ? S'entre-tuer et manger les carcasses de ses camarades sûrement ! Non franchement, ça frôlait les limites de ce que pouvait s'imaginer la jeune tyto. Chose sûre, elle était disjonctée ! Ne comprenant pas trop pourquoi sa commandante riait maintenant, Pelli la suivit des yeux, intriguée puis en fut le bec cloué. Après avoir écouté et surtout regardé cette supercherie, la chouette effraie recula un peu en faisant claquer son bec furieusement. S'en était trop ! Comment avait-elle osé se moquer d'elle de la sorte ? Même si en y repensant, c'était vrai que le goût qu'elle avait sur la langue était loin d'être celui du sang mais tout de même ! En même temps, elle était profondément déçu contre elle-même. Elle aurait dû le savoir ! D'un autre côté, elle était contente de ne pas avoir tué sa petite amie d'une façon si puérile.

    La tyto était plus que confuse. Mononoké était loi d'agir comme elle l'avait prédit. Elle était totalement à côté de la plaque et c'était déroutant. Anticiper, vite, il fallait réfléchir rapidement. Comment réagir à ce test et surtout quoi répondre à sa supérieure qui elle, avait bien l'air de se marrer. Jamais elle n'avait vu Mononoké rire de cette façon d'ailleurs. Préférant ne rien faire pour le moment, Pellimore se contenta d'observer drôlement l'autre chouette puisqu'elle ne semblait pas en avoir fini avec elle. En voyant l'autre entrer dans une colère, sans qu'elle ne sache pourquoi, Pellimore tenta de se faire la plus petite possible. Elle était vraiment plus qu'étrange et ça devenait inquiétant ce changement de comportement soudain. Retenant son souffle, la tyto la suivit des yeux silencieusement. Ce qu'elle affirma lui cloua le bec. Comment avait-elle fait pour la découvrir si facilement ? Un air mauvais s'afficha sur le visage de la chouette qui même après que Mononoké eut terminé sa phrase lui disant qu'elle allait l'aider. La situation était vraiment trop étrange et il était trop tôt pour laisser tomber sa vraie identité. Oh oui, ça pouvait bien être un piège. Et puis quoi, avoir hésité à tuer une chouette n'en disait pas très long sur toute la ligne. Elle aurait peut-être hésité sous les ordres un peu louche de Mononoké, alors que Nyra la voulait morte OU vivante. Il y avait toujours le ou qui rentrait en ligne de compte.

    Pellimore ne savait pas trop si elle devait la prendre au sérieux ou pas. En même temps, elle avait le goût de lui rire au bec. Tout ça était tellllllement ridicule ! Son petit discourt sur les plus faibles et tout sonnait un brin prétentieux ce qui ne plaisait pas à Pelli. En plus, ça sonnait drôlement faux. Peut-être disait-elle la vérité et si c'était le cas, elle n'était pas bien mieux qu'elle. Que dirait Nyra si Pellimore lui racontait le petit discourt que sa commandante venait de lui raconter. Encore là, c'était sa parole contre sa chouette de confiance donc elle n'avait pas grande chance. Est-ce que ça valait vraiment le coup d'essayer ? De retourner là-bas et de devoir attendre des lunes et des lunes avant de voir une si belle occasion se présenter. Ce qui vraiment la tracassait c'était le pourquoi elle la laissait partir si facilement, sans même se battre. C'est vrai ! Était-elle si mauvaise à ce point parmi les sangs-purs pour que son départ ne les affecte pas du tout ? Non pas que ça l'ai attristé ou dérangé mais tout de même, avait-elle était un bon soldat pendant le temps qu'elle était là. Et puis, si Mononoké avait vu juste, qui d'autre ? ...

    Les dernières paroles de la chouette pâle semblaient pleines d'affection et elle pouvait le sentir avec son gésier, c'était sincère ! Elle n'en revenait toujours pas. Pellimore la fixait sans savoir trop comment réagir. Les yeux rivés sur son aile tendue vers elle, la recrue finit par tendre la sienne tâché de sirop de fraise. C'était vraiment étrange et si irréel. L'excitation grimpa lentement dans le corps de la chouette alors qu'elle touchait l'aile de cette sang-pur. Décidément, elle n'était pas prête d'arrêter de la surprendre. Un sourire ( dans la mesure du possible où une chouette peut sourire haha ) apparut sur le visage de la chouette lorsque Mononoké lui proposa de devenir amies. Une chance qu'elles n'étaient seules dans ce désert ! Elle n'arrivait pas à y croire ! Quitter St-Aegolius et tenter de rejoindre les gardiens .. et Soren ! D'ailleurs, il y avait plusieurs lunes qu'il était parti trouver les siens et que Pelli avait rejoins l'orphelinat de son côté. Sous l'excitation, voulant vérifier ses dires, la jeune chouette demanda d'une façon incertaine :

    -Non pas que je remet en doute ta parole mais ... Est-ce une mauvaise blague, ou un autre test auquel je suis encore soumise ? Je ne tiens honnêtement pas à me battre avec toi dans un duel. Et sache que j'ai déjà tué avant, mais ce pantin ressemblait drôlement à une amie à l'orphelinat donc, l'hésitation et le dégoût y était naturellement. N'en reste pas moins que j'ai bien suivis les ordres et que je suis prête à n'importe quoi pour les sangs-purs.

    Tout ça n'était pas faux. Les sangs-purs tenaient ses deux frères depuis peu et ils comptaient en faire des soldats. Des tytos, l'avenir de cette armée. Honnêtement, Pellimore doutait que ses frères voudraient venir avec elle et c'était pourquoi elle partirait si Mononoké était sérieuse. Suffirait de revenir chercher ses frères très bientôt avec l'aide des gardiens. Ça c'était dans la mesure où elle réussissait à les trouver bien entendu ... Elle pourrait toujours se fier à son gésier et les indications que Soren lui avait laissé clairement mais allait-elle trouver ? Une chose de sûre, elle chercherait tant et aussi longtemps que ses ailes le lui permettrait. Se calmant un peu intérieurement, la recrue fixait Mononoké avec sérieux. Si elle lui avait fait une blague, elle aurait toujours une chance de retourner à St-Aegolius et d'attendre une autre occasion pour s'en aller.

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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Mer 13 Juil - 21:06

    Ne pas croire en une chouette à peine connue, que tout le monde craignait, c'était parfaitement compréhensible. Et c'est ce que fit Mononoké : elle comprit. Sa réputation la précédait où qu'elle aille. Parfois, ça lui facilitait la tâche. Elle n'avait qu'à ordonner, et tous ses soldats lui obéissaient. Certains étaient prêts à mourir pour elle, d'autres la détestaient, d'autres encore faisait tout pour qu'elle ne s'intéresse pas à eux. Mais ils obéissaient, et pour celle qu'affirmait être la Princesse des Morts, ça lui suffisait. Mais parfois, cela la blessait. Cruellement. Lorsqu'un soldat désertais, il n'était pas le seul à se faire sermonner en rentrant. Mononoké prenait aussi. Des fois, ça allait jusqu'au physique et Bec d'Acier la battait. Elle se laissait faire. Elle aurait pu lui tenir tête, mais elle ne le voulait pas. En elle, Mononoké était plus blessée que ce que pouvait lui faire son Roi. Elle mettait sa vie entre les serres des chouettes qu'elle engageait.

    "Je comprends que tu n'ai pas confiance. Mais moi, j'ai eu foi en toi."

    Elle sourit (oui, les chouettes peuvent... au moins dans le film !) et observa le ciel, la tête rejetée en arrière. Les étoiles se reflétaient dans ses yeux noirs. Là-bas, la serre scintillait comme jamais. L'oeuil de Glaucis veillait sur le monde. Au loin, les bruits de la vie se faisait entendre. Les étoiles étaient si loins et si proches à la fois... un jour, Mononoké s'envolerait. Elle volerait toujours plus haut, jusqu'au étoiles. Plus haut que les nuages, là où il n'y a pas d'air. Alors elle aurait accomplit son rêve, et elle mourrait comme elle a vécu. Tranquille. Bien. En paix...

    Elle savait ce qui l'attendait lorsqu'elle rentrerait. La fureur d'un Roi qui ne peut plus croire en sa chef. Il pouvait toujours la rétrograder, Mononoké s'en fichait. Elle était plus forte que chaque soldat, et elle continuerait à les protéger. C'était ses enfants. Une mère n'abandonne pas ses enfants. Elle aurait pu monter dans la hierarchie, mais si cela avait été le cas, elle aurait abandonner ses fils et ses filles. Pour elle, la course au pouvoir s'était achevée. Kludd, Raven... la relève était assurée. Un jour, Mononoké trouverait une belle chouette qui ferait battre son coeur. Et elle enseignerais la paix de soi à son héritier. C'était une certitude. Elle se ferait battre. Peut-être tuer. Et alors ? Elle était toujours plongée dans sa contemplation des étoiles.

    "Je me ferais battre. Mais peu importe, puisque toi, une de mes filles, tu sera en liberté et tu accompliras ton rêve. Rien n'est plus fort que les rêves. Vas, et vis heureuse. Si je trouvais des chouettes comme toi, je les aiderais."

    Toute l'affection et l'amour qu'elle avait retenu ces années éclatèrent. Elle serra Pellimore dans ses ailes blanches. Une goutte coula sur son bec. Qu'est-ce que c'était ? Elle se sentait à la fois triste, émue et heureuse. C'était salé. Elle pleurait de joie pour une de ses filles qui prenait son envol. L'heure était aux séparations.

    [HS : tu rep et sujet clos ?]
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MessageSujet: Re: Pellimore pour vous servir   Lun 5 Sep - 19:11

    Si la jeune chouette avait pensé un seul instant en mettant les ailes dehors cette nuit qu'elle pourrait quitter pour de bon cet endroit infâme, elle aurait peut-être vérifié que ses frères étaient bien en sécurité. Être en sécurité avec les sangs-purs, était-ce possible ? Hey bien oui, les plus forts recevait une bonne attention. Pour les trieurs ou encore les plus faibles, c'était tout autre chose. Il fallait être fort et déterminé pour survivre dans ce lieu, sinon c'était perdu d'avance. C'était pourquoi Pellimore n'avait pas renoncé à bien se fondre dans la masse et à devenir une sang-pur à part entière. Si elle avait fait part d'une quelconque petite faille, elle se serait fait coupé le bec à coup sûr. Quoique heureusement que Mononoke était de son côté ... car autrement elle ne serait pas encore vivante. Oui Pellimore avait faiblit depuis l'attaque de ce chat sauvage et la rencontre avec ce présumé gardien. Autant physiquement que mentalement soit dit en passant. Cela faisais près de cinq lunes que Soren était parti vers les siens. Lorsqu'il l'avait quitté, il s'était assuré que son aile aille mieux et que la sang-pur puisse bien voler correctement. Il n'avait pas faillit à sa tâche puisque Pellimore volait très bien, mais elle se fatiguait plus vite qu'à l'habitude. Après avoir rentré à St-Aegolius, ça n'avait pas été de tout repos et c'était peut-être la cause. N'en restait pas moins qu'elle avait de la chance avec sa chef.

    Se détendant, la soldat observa la chouette blanche en la scrutant. La générosité qui en émanait était incroyable. Comment pouvait-elle sacrifier sa propre réputation ou pire encore, sa vie, pour s'assurer que l'une de ses filles soit en liberté et heureuse ? Pellimore se sentait presque honoré mais en même temps, ça lui coûtait de l'abandonner aux serres des sangs-purs. L'observant un moment, la grande chouette se dit que Mono était suffisamment entraîné et très forte pour se défendre. Surtout si elle inventait un truc du genre qu'elle était morte lors de la mission, cela passerait mieux. Pelli était presque certaine que Nyra se dirait tant mieux, un maillon faible de moins. Mononoke la sortit de ses pensées lorsqu'elle la prit dans ses ailes. Incertaine au début, Pellimore finit par l'enlacer à son tour très fortement en chuintant. Elle n'avait pas revu sa mère depuis des lustres mais cette sang-pur avait agit comme tels en les protégeant tout en les formant. Ce qui l'attristait par contre, c'était qu'elle n'aurait probablement le choix de l'affronter si elle revenait chercher ses frères ou peu importe. Poussant un soupir de soulagement, de satisfaction, la chouette s'adressa à son amie :

    - Je ne saurai jamais comment vous remercier. Vous êtes une mère pour nous tous et ceux qui ne s'en rendre pas compte sont tout simplement aveugle. Vous faites peur c'est certain mais c'est seulement l'autorité que vous dégagez. J'ai été bénis des cieux de vous avoir rencontré et d'être parti en mission avec vous.

    Elle avait vraiment de l'affection pour Mononoke et ça la peinait de devoir la laisser derrière. Piétinant sur ses pattes un peu maladroitement dû au grand malaise et à la nervosité qui la gagnait, Pellimore recula en s'inclinant devant cette chouette adulte et sage. Elle lui devait la vie. Levant la tête vers le ciel étoilé, elle se perdit à nouveau dans sa contemplation des constellations. Elle avait l'intention de suivre les indications de Soren, et de se rendre au grand arbre. À partir de maintenant, elle n'aurait pas vraiment le choix d'y croire et de voler avec son gésier. Tournant les plumes vers son aînée, Pellimore s'approcha à nouveau pour lui dire un au revoir. Frottant son bec affectueusement avec le sien, elle ajouta :

    - Vous pourriez venir avec moi non ? Et nous reviendrons avec du renfort pour libérer les autres.

    Comprenant bien vite que Mononoke ne voulait pas la rejoindre, pas pour le moment, la chouette ajouta un peu tristement.

    - Nous nous reverrons sûrement un jour. Vous serez peut-être forcé de m'affronter mais sachez que je ne lèverai jamais la serre sur vous. Merci pour tout ma chère amie.

    Ouvrant grand ses ailes tâchés de rouge, vive le mélange de baie, la tyto lança un dernier regard à sa supérieure et prit son envol en s'éloignant d'elle.


SUJET CLOS ! =) MERCI MONONOKE ! heat
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Pellimore pour vous servir

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