De plumes, de griffes et de roche

♣ CHAPITRE 5 - UNE ALLIANCE IMPROBABLE

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 De plumes, de griffes et de roche

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MessageSujet: De plumes, de griffes et de roche   Jeu 27 Déc - 23:42

    Scarlett survolait le grand canyon, une musaraigne dans le bec. destinée à ? A personne, elle l'avait trouvé dans un arbre mort et desséché depuis des lustres, mais si elle n'avait plus le droit de se dégourdir les ailes... Elle mangerait son rongeur dans un coin de la salle commune, en évitant qu'un gros bourrin lui tombe dessus et le lui vole. En attendant, elle voletait furtivement entre les grands piliers de pierre qui se dressaient autour d'elle. Parfois, le bord de ses rémiges frôlaient la roche et la faisait basculer sur le côté. Elle n'était pas une merveille au vol, bien meilleure au combat et à l'approche silencieuse.
    Lorsque la chouette atterrit dans la salle commune, elle fut stupéfaite par le silence et la paix qui y régnait. Là, elle se pencha et avala sa souris sans un mot, sans un bruit, car même si le silence n'était pas de rigueur, il ne fallait pas parler pour rien dire. Une fois son repas terminé, la chouette se redressa et déploya ses ailes pour s'étirer. Elle avait fait un bon repas, l'idéal aurait été de dormir mais le travail l'attendait sûrement. Mais avant qu'elle ne puisse réfléchir à ce qu'elle pouvait faire, elle entendit le crissement de griffes à l'entrée. Toute hérissée, Scarlett fit demi-tour et écarta les ailes, prête à attaquer. Mais elle reconnut le plumage (j'allais dire pelage moi aussi...) sombre d'Omyra, ses plumes aussi sombres que l'écorce d'un arbre. La chouette effraie se détendit et hocha la tête en signe de salut.
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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Dim 6 Jan - 0:37



    Quel plaisir de faire un petit vol digestif, par cette belle soirée !

    Omyra s’était remise plutôt rapidement de son accident. Cet événement l’avait profondément marqué, l’affectant psychologiquement. Bien sûr, elle avait compté sur la discrétion des chouettes qui avaient été présentes ce jour là, à savoir Storm et Sparkle ; afin que l’affaire ne s’ébruite pas.

    L’effraie noire n’avait plus aucune trace de blessures… Les séquelles mentales, elles, étaient encore belles et bien là. Et sans doute pour longtemps. La jeune chouette avait perdu toute en envie de jouer ou sourire, comme si cette partie là de sa personnalité avait été anesthésiée par le choc. Il ne restait plus chez elle qu’une attitude sérieuse, et sévère, où l’humour n’avait plus sa place. L’effraie ne cherchait même plus à s’attirer la sympathie des autres chouettes. Plus rien ne comptait pour elle quel le travail et les missions qu’on lui attribuait. Elle était certe d’une efficacité remarquable ces derniers temps, mais semblait complètement dénuée de joie ou de bonheur. Comme si tous ces sentiments qui font que la chouette, comme tous les animaux, soient capable de se réjouir, s’émouvoir, ressentir le bonheur ou la joie, avaient été annihilés. La seule joie qui arrivait encore à étreindre son gésier était la satisfaction du travail bien accomplit.

    Oh, Omyra n’était pas comme ces poussins déboulunés sans cervelle et sans personnalité. Non, bien sûr que non. Elle avait encore une volonté propre, puisqu’elle était parfaitement autonome et que ses capacités mentales semblaient tout à fait normal. Non, la jeune femelle n’arrivait juste plus à ressentir les émotions joyeuses. Elle semblait condamnée à la monotonie. Elle ressentait encore beaucoup d’émotion. L’excitation, la peur, l’anxiété… Mais toute forme de bonheur, aussi ténue soit-elle, lui semblait désormais impossible.

    Cependant, il lui restait encore une chose. Le plaisir de voler. Le seul sentiment de parfait bien-être lui apparaissait, ténu mais bien présent, lorsqu’elle sillonnait les cieux. Aussi ce jour-là, l’effraie noire avait passé une grande partie de sa journée à voler, badinant dans les airs. Le Grand Tyto lui avait octroyé un jour ou deux de repos ; elle venait tout juste de rentrer de mission qu’elle avait rudement bien menée, et était fier de son succès.
    Elle avait attrapé dans la journée plusieurs lemmings, qu’elle avait englouti goulument, avide de cette viande qu’elle ne mangeait que lorsqu’elle chassait du côté des Landes.

    Après une longue balade de plusieurs heures où l’espionne d’élite avait joué –non, cela, elle en était désormais incapable… s’était distraite, dirons-nous – avec les nuages et les courants d’air qui animaient le ciel cette nuit-là, Omyra avait décidé de se rendre au réfectoire. C’était la salle commune où les soldats qui n’étaient pas de sortie mangeaient, bien que quelques effraies aillent chasser à l’extérieur, pour ramener le fruit de leur chasse et le déguster ici.

    L’effraie noire se posa tranquillement à l’entrée de cette salle, une immense cavité creusée naturellement dans la roche au fil des siècles pas l’érosion. La salle était incroyablement calme, ce soir-là. Omyra n’en revenait pas. Elle marcha d’un pas lent et digne, pensive. Au fils des jours qui suivirent son rétablissement, il s’avéra que la jeune femelle avait développé une certaine capacité d’autorité. Ou plutôt, qu’elle osait s’imposer plus encore que ce qu’elle ne s’était autorisée de faire auparavant. Toute trace de gêne ou de timidité avait à présent disparu de chez elle. Elle s’affirmait, comme elle affirmait sa place, et son mélanisme, tout en revendiquant sa place de soldate d’élite plus haute gradée que presque n’importe lequel des soldats présents dans l’armée. Elle agissait sous les ordres directs du Grand Tyto et de sa compagne, mais également de leur fille, et n’avait d’ordre à ne recevoir de personne d’autre. Oh, elle en avait maté, des récalcitrants, ces derniers jours. Et elle était prête à recommencer.

    L’attention d’Omyra se porta sur une jeune chouette d’à peu près son age. Elle lui donnait dans les neuf mois, voire un an. Une femelle qui venait tout juste d’arriver, ou du moins que l’espionne n’avait jamais vu.
    Elle s’approcha d’elle, lorsque son nom lui revint. Scarlett. Mais oui ! Cette jeune femelle capturée dans les Mont-Becs ! L’effraie à qui il manquait une griffe. Oh, il n’y avait que très peu de femelles ici, et Scarlett était pour l’instant la seule qui était à ce point blessée. L’effraie du sentir le regard d’Omyra peser sur elle, car elle releva la tête, et hocha la tête pour la saluer. Omyra pencha la tête sur le côté pour lui renvoyer le salut, avant de s’approcher d’elle, curieuse.
    - Bonsoir, jeune chouette ! Aurais-tu déjà fini ton repas ?

    C’était bien la première fois depuis son accident que l’effraie aux plumes chocolat esquissait un mouvement vers l’avant pour aller faire connaissance avec une autre chouette. Elle guérissait. Toute seule, en silence, lentement et sûrement.


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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Dim 6 Jan - 4:05

Je planait tranquillement, à haute altitude, depuis un moment déjà, repassant au même chemin à plusieurs reprises. Les chouettes se tournaient sur mon passage, non pas pour mon plumage, malgré le fait que ça arrivait de temps en temps, mais plutôt parce qu'ils avaient le préssentiment de m'avoir déjà vu, à peine quelques minutes plus tôt. Ils n'avaient pas tort.

La quête de la survie. Tout le monde ici cherchait de la nourriture digne de ce nom sans à avoir à trop ce déplacer, comme Ambala, par exemple. Le fait de manger des grillons et des vers de terre, n'était, certes, pas trop amusant, mais cela rendait notre estomac plus résistant lorsqu'il adviendrait une famine, si jamais cela se produisait.

Je volais donc en hauteur, tranquillement, à la recherche de quoi me mettre sous la dent. Un petit fil noir me parvint au regard. En me rapprochant, j'aperçus une sorte de couleuvre. Mince et squelletique, elle ne représentait pas un gros repas, mais c'était tout de même plus nourissant que ce que nous avions habituellement.

Je fonça sur le petit serpent, tout en surveillant les alentours, pour être sûr et certain de ne pas me faire voler mon repas, ou du moins, mon futur. Mais, contre mon gré, un Tyto avait également aperçu la bête, et je dû accélérer mon rythme, ma vitesse. Toute serres dehors, et étant plus proche que moi de sa proie, il l'a pris en vol sans aucun problème. Passant à mes côtés, le regard arrogant et fier de sa capture, je grogna silencieusement, méprisant son regard.

Je me déposa, déçu, au côté de ce qui semblait être un duo d'amies, semblant être deux jeunes femelles. L'une brune chocolat, l'autre normal, mais une serre en moins. Quand je dis au côté, ce n'est pas à quelques centimètres d'elles, mais je dirais plutôt à environ cinq ou quatres mètres d'elles, leur faisant dos puisque j'étais en avant.

Je pris au passage un grillon qui passait par là, et le mangea. Non, ce n'était pas la plus belle des journées, mais elle n'était pas nulle, non plus.

-Bonsoir, jeune chouette ! Aurais-tu déjà fini ton repas ?

La femelle brune sembla être celle qui avait parler. Du moins, je pense. Je ne sais pas trop ce qui m'as pris, évidemment. L'envie de leur claquer le bec? Non, je ne pense pas. Pas à elles. Je me suis donc retourné, et j'ai décollé vers elle. À environ un mètre d'eux, je me suis arrêté, et, leur faisant face, je dit la pire des conneries jamais dites:

-Excusez-moi, mais vous pourriez, disons...baissez le ton, un peu?

Je ne pris pas conscience de leurs visages. Visiblement, quelques secondes plus tard, je regrettait. Dans mon visage, ça se voyait. Je repris donc:

-Je...écoutez, je suis vraiment désolé...Ça peut vous paraître banal, mais, ce n'est pas une très excellente journée pour moi...'Scusez-moi..

L'air souriant et gêné, les yeux plissés, je reconnus ce visage brun, si particulier...Cherchant le nom durant quelques secondes, je me retourna à nouveau pour finalement, à nouveau parler.

-Eumh..Tu serais pas..Omy...Omyra, toi?

Je la pointa de ma serre, attendant sa réponse. Et puis, j'espèrait quoi? Qu'elle me réponde après ce que je lui avait dit, à elle et à l'autre femelle?

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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Ven 11 Jan - 20:38

    Scarlett scruta Omyra un instant et se surprit à se dire qu'elle n'avait jamais vu chouette aussi étrange. Son plumage chocolaté n'avait rien de naturel, et pourtant ses yeux lui montraient le contraire. Elle n'était pas désagréable à regarder, mais la jeune chouette avait été habituée à voir des oiseaux de couleur crème ou blanc. Elle avait dû voir Omyra au vol, de loin, sa vue pouvait lui jouer des tours à une telle distance et pourtant. Sa voix se montrait aucune animosité, mais même s'il y en avait eu, elle ne l'aurait pas remarqué. Scarlett lança un rapide coup d’œil à ses restes de souris -quelques poils et éventuellement quelques gouttes de sang là où elle lui avait infligé la griffure mortelle.
    Mais pas le temps de lui répondre qu'un nouveau compagnon fit son apparition. Cette effraie là était "normale" si on pouvait dire ça, avec des plumes blanches et dorées. Scarlett fronça les sourcils quand il leur intima de se taire. Elle n'avait pas parlé, n'exagérait-il pas un peu ? Mais elle ne s'en offusqua pas, se contentant de secouer la tête et regarder ailleurs. Puis il se plaignit, ce que la chouette n'oserait jamais faire ! La plainte n'était qu'un gémissement inutile prouvant la faiblesse, lui avait un jour dit un supérieur. Elle fixa avec insistance Jorunn, se demandant s'il serait un jour puni pour avoir dit ça. Mais sans commandant ou autre aux alentours, ce secret pourrait être caché... Sauf si quelqu'un décider de cafter. heureusement pour lui, elle ne faisait mais ça, ce n'était pas dans sa nature.
    Et maintenant on l'ignorait , Scarlett sentit une drôle de flamme enflammer la base de ses plumes, mais elle ne sut expliquer ce que c'était. Ses joues lui brûlaient surtout. un nouveau sentiment ? Peut-être. Elle ébouriffa ses ailes et glissa après Jorunn.

      « Une journée réussit est une journée de travail me disait-on... mais même si tu ne m'as pas posé la question, je suis Scarlett, et toi tu es Jorunn d'après les descriptions qu'on a pu me faire de toi. »

    Si Scarlett parlait peu, elle déballait beaucoup de choses en une phrase. ses yeux noirs passaient d'une chouette à l'autre, ne sachant ce qui pouvait différencier ces deux là d'elle-même.
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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Dim 13 Jan - 21:07

Elle ne le vit pas se poser derrière elles. La voix, incertaine mais puissante, survint derrière elles.
-Excusez-moi, mais vous pourriez, disons...baissez le ton, un peu?

Omyra se retourna, septique. Qui était donc cette chouette pour le demander de baisser le ton, alors qu’elle-même s’était exprimée normalement ? Elle n’avais pas crié, ni même haussé la voix. Alors quel était le problème ? Dans la salle, il y avait certes peu de soldats en ce moment-là, mais presque tous étaient en train de discuter. Elles étaient donc pas les seules à converser.
L’effraie aux plumes chocolat haussa un sourcil, toujours interloquée par ce curieux personnage. D’ailleurs, celui-ci, semblant pris au dépourvu, s’empressa d’ajouter :
-Je...écoutez, je suis vraiment désolé...Ça peut vous paraître banal, mais, ce n'est pas une très excellente journée pour moi...'Scusez-moi..

Et il sourit. Comme ça, là, d’un coup. Omyra était de plus en plus sceptique. Elle étudia un instant le jeune mâle qui se tenait devant elle. Un tyto alba à l’ascpet banal… D’un blanc sans pareil cependant. Et ses rémiges… Omyra aurait juré avoir vu un étrange reflet bleu tout à l’heure. Hum.

Puis la lumière se fit. Il s’agissait de Jorunn, l’un des quatre lieutenants de l’armée ! Elle avait complètement oublié les nouvelles nominations ! A vrai dire, elle avait tellement été occupée par ses missions ces derniers temps qu’elle n’était pas très au courant de ce qu’il se passait au sein même de l’armée.

Jorunn se tourna vers elle. Omyra vit tout de suite qu’il avait un regard étrange. Avant de s’apercevoir qu’il avait les yeux vairons. Comme Chelinka. Intéressant comme détail. Cependant, tout lien de parenté, aussi infime soit-il, était à explure. Chelinka était en effet une effraie dorée, et Jorunn était un abla qui semblait être des plus purs. Quoique la couleur du plumage ne veuille rien dire, en réalité… Omyra était bien placée pour le savoir.
Elle jeta un bref regard à ses plumes chocolat. Malgré sa couleur, elle aussi était une tyto alba. Dur à croire, mais c’était ainsi. Mais à présent, elle était devenue forte et avait vaincu son handicap, le faisant devenir une force et un atout de taille.

Jorunn se tourna vers elle. Omyra senti son gésier se contracter. C’était bien la première fois depuis son accident qu’elle le ressentait ainsi. Un beau mélange de mal être et d’envie de défier le jeune mâle du regard. Il plissa les yeux, continuant de sourire. Savait-il à quel point il était risible, à garder cet air benêt au bec ? Que cela nuisait à son étiquette de haut gradé de l’armée. Il était lieutenant, que diable !
-Eumh..Tu serais pas..Omy...Omyra, toi?

Ha, il la connaissait ! Omyra se retourna vers Scarlett, ne voulant pas la mettre à l’écart de la conversation. Machinalement, elle posa ses yeux tour à tour sur le femelle aux plumes écarlates, et sur Jorunn.

Finalement, ce fut Scarlett qui prit la parole, d’une voix monocorde qui surprit légèrement Omyra, tant elle ressemblait à celle de Chelinka.
- Une journée réussit est une journée de travail me disait-on... mais même si tu ne m'as pas posé la question, je suis Scarlett, et toi tu es Jorunn d'après les descriptions qu'on a pu me faire de toi.

Omyra médita ses paroles un instant. Curieusement, si la jeune effraie noire ne pouvait voir son propre mutisme et son enfermement, incapable de se sonder elle-même, elle avait tout de suite décelé celui de Scarlett. Omyra lui fit un petit sourire, le premier depuis longtemps.

Elle se tourna d’abord vers Jorunn. Et, d’une voix complètement dénuée de sentiments, répondit à la question du jeune mâle.
- Oui, je suis Omyra. Et toi… tu es donc Jorunn, le jeune prodige ? A peine arrivé ici, et déjà lieutenant ? Tu vas monter haut, toi.

Puis, elle se tourna vers Scarlett. Elle trouvait de plus en plus de point commun entre cette jeune femelle et un oisillon débouluné. Scarlett était comme absente. Elle semblait malheureuse, même si elle ne semblait pas en avoir conscience.
- Je suis bien d’accord avec toi, Scarlett. Sans travail ni mission, nous serions oisifs et inutiles. Nous ne pourrions aider notre communauté à s’étendre dans un état passif.

L’effraie noire conclu :
- Pour moi, rien ne compte dans la vie que les missions qu’on m’attribue. Et tu sembles du même avis que moi, Scarlett. Et j’en suis bien contente, car les recrues qui pensent de cette manière se font rares ici, et c’est regrettable.

Elle ponctua ses propos en fermant les yeux, un instant pensive. Mais ce qu’elle venait de dire, c’était vrai. Pour elle, rien n’importait d’autre que les missions que le couple royal, ou Ginger, lui donnaient. Telle une machine indéfectible, elle réalisait ses objectifs, et faisait docilement toutes les tâches qu’on lui imposait, même si, de temps en temps, Ginger lui intimait de se reposer un peu, ou de se détendre.

Mais désormais, pour l’espionne noire, la détente était synonyme de perte de temps.


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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Lun 14 Jan - 2:28

Deux regards me fixaient intensément. J'avais merdé, à coup sûr. Comprenant à quel point j'étais idiot et que je ressemblais à un con, je pris un air un peu plus sérieux. Sérieux, mais détendu. Un jais de lumière parvint à mes yeux. La nuit s'était lancée depuis un bout de temps et la Lune reflétait du bleu. Quelques traces colorèrent l'espace de quelques secondes mon plumage. Les nuages bloquèrent la Lune, stoppant toutes les couleurs, à mon soulagement.

-Une journée réussit est une journée de travail me disait-on... mais même si tu ne m'as pas posé la question, je suis Scarlett, et toi tu es Jorunn d'après les descriptions qu'on a pu me faire de toi.

«D'après les descriptions qu'on a pu me faire de toi.» Évidemment, avec un plumage semblable au mien, tout le monde le remarque, et donc, je n'ais pas fais une entrée, disons..discrète. Plusieurs gens parlaient de moi, et sans doute plusieurs me jalousaient.

- Oui, je suis Omyra. Et toi… tu es donc Jorunn, le jeune prodige ? A peine arrivé ici, et déjà lieutenant ? Tu vas monter haut, toi.

Un autre compliment. «Prodige..» Ouais. Ça me plaisait bien. La prénomée Omyra me regarda un instant, puis se trouna vers l'autre femelle Tyto.

- Je suis bien d’accord avec toi, Scarlett. Sans travail ni mission, nous serions oisifs et inutiles. Nous ne pourrions aider notre communauté à s’étendre dans un état passif.

Elles semblaient êtres deux bonnes amies. Ou peut-être en vérité venait-t-elles à peines de se rencontrer? Peut importe, elle s'entendait bien ensemble.

- Pour moi, rien ne compte dans la vie que les missions qu’on m’attribue. Et tu sembles du même avis que moi, Scarlett. Et j’en suis bien contente, car les recrues qui pensent de cette manière se font rares ici, et c’est regrettable.

«Bon, j'ai affaire avec deux bourreaux de travails. C'est super.» Normal que les recrues ne pensent pas de même, ils veulent un minimum socialiser. Désireux de partage mon opinion, je pris la parole.

-Vous ne pensez pas plutôt qu'il n'y a pas que le travail dans la vie? Vous savez, vous pourriez socialiser avec les autres gens à la place de juste focaliser sur le boulot à faire. C'est normal de vouloir être bien gradé, mais il faudrait aussi faire d'autres choses, non? Chais pas, moi, un compagnon, ou juste un ami, ça fait l'affaire..

Un peu plus content d'avoir enfin dis quelque chose avec un minimum de sens, je stoppa mes paroles. Je me retourna face à la Lune, question de voir, et les nuages avaient passés et maintenant, un plumage bleu s'affichait sur moi.

-Merde...

Ce qui aurait dû être un murmure fût finalement une plainte qui était facile d'entendre. Encore une fois, une autre connerie.

[Pas d'inspi', désolé ^^^'']


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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Mar 15 Jan - 16:39

    Scarlett écouta sans conviction le baratin d'Omyra. Grade, grade, grade... Les autres soldats n'avaient que ce mot au bec, pourtant la jeune adulte se fichait pas mal d'être simple guerrière ou carrément général de guerre. Elle poussa un bâillement non retenu, vraiment l'ambition était parfois une maladie dangereuse. Mais Omyra avait l'avantage de comprendre ce que Scarlett disait et de suivre à la lettre des indications du Grand Tyto ou de ses sbires. oui ! Sans travail ni devoirs, ils ne seraient pas ce qu'ils étaient : des espèces supérieures en tout point. C'est ce qu'on leur rabâchait depuis leur éducation les plus primaires : les Tyto domineront.
    Scarlett gonfla ses plumes à la mention de son nom et hocha la tête vers sa camarade. Elles étaient sur la même longueur d'onde, c'était louable. Elle était fière de servir Bec d'Acier, en était-il de même pour Omyra ? Quel esprit se cachait sous son beau plumage foncé ? Scarlett, elle, n'avait rien de beau, mais n'en avait rien à faire. La domination était son but, c'est ce que lui avait répété son professeur.
    Mais ce Jorunn était décidément à côté de la plaque ! Choquée, Scarlett tourna la tête vers elle et poussa un cri aigu, typique de son mécontentement ou même quand elle rabrouait quelqu'un. Visiblement, il n'avait pas bien compris ce qu'ils faisaient ici.

      « Lieutenant mais peut-être pas très méritant. » railla la chouette, en gardant son éternel visage impassible. « Je suis les ordres des grands commandants des Sang-purs, mais il y a quelque chose qui t'échappe. Le travail, le surpassement de soi-même, le mérite... Nous devons tant à notre espèce, mais toi tu sembles essayer de nous dire le contraire. »

    La chouette effraie releva hait le menton, pour souligner l'importance de ses paroles. Encore, elle appréciait beaucoup sa camarde couleur chocolat, mais son "ami" ne lui plaisait pas. Vivement qu'elle parte en mission ! Quand le plumage du mâle prit une couleur bleutée et qu'il jura, Scarlett le va les yeux au ciel et se détourna. Vraiment, il n'avait pas un cerveau épatant.

    [ "Le plus beau Tyto de l'armée" ? Hum, t’en fais pas un peu trop ? ^__^' ]
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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Mer 16 Jan - 0:07

A ce moment là, Jorunn lâcha une nouvelle phrase :
-Vous ne pensez pas plutôt qu'il n'y a pas que le travail dans la vie? Vous savez, vous pourriez socialiser avec les autres gens à la place de juste focaliser sur le boulot à faire. C'est normal de vouloir être bien gradé, mais il faudrait aussi faire d'autres choses, non? Chais pas, moi, un compagnon, ou juste un ami, ça fait l'affaire.

Perplexe, Omyra se figea en un instant. Que pouvait-il exister d’autre, d’aussi plaisant et utile que le travail ? Avoir des amis ? A quoi bon ! La plupart étaient futiles et paresseux. Ils ne servaient à rien et étaient trop bavards. Sauf, curieusement, certains éléments intéressants, comme Scarlett. Mais les individus comme Jorunn, à s’occuper de leurs petites personnes et de leur relationnels, irritait Omyra au plus haut point.

Trouver un compagnon ? Quelle idée saugrenue ! Omyra ricana, mauvaise. C’était encore plus débile que de chercher des amis et bien se faire voir en société.

Scarlett eut un petit cri typique des effraies, elle aussi mécontente. Elle prit de court l’effraie noire en attaquant verbalement Jorunn, d’une voix piquante et raillarde.
-Lieutenant mais peut-être pas très méritant.

Bien. Ça, c’était fait.
Scarlett, le visage toujours impassible, enchaina :
- Je suis les ordres des grands commandants des Sang-purs, mais il y a quelque chose qui t'échappe. Le travail, le surpassement de soi-même, le mérite... Nous devons tant à notre espèce, mais toi tu sembles essayer de nous dire le contraire.

Omyra regarda Scarlett, avant d’opiner de la tête parfaitement d’accord avec les précédents dires de la jeune femelle. Elle vrilla son regard froid et dépourvu de sentiments dans les yeux, vairons, du mâle en face de lui.

Elle cracha finalement :
- Tu penses vraiment ce que tu viens de dire ? Vous autres êtes vraiment trop egocentriques. Vous pensez qu’à vous et à votre existence, c’est… pathétique… Est-ce donc cela vos occupations ? Chercher des amis et une compagne ? Pff….

Dégoutée elle plissa les yeux.
- Il n’y a rien de plus inutile que les sentiments et l’amour. C’est une marque de dépendance, et donc de faiblesse. Nous devons nous montrer forts pour nos Puretés.

Elle détourna les yeux, avant de les poser sur Scarlett. Son regard s’adoucit, et sa voix se fit moins froide et tranchante que tout à l’heure :
- Nous ne pouvons pas nous permettre de tels écarts. Nous devons nous focaliser sur notre rôle au sein de notre faction. C’est tout ce qui compte.

Omyra jeta un dernier regard accusateur envers Jorunn. Mais était-ce réellement lui qui était à côté de la plaque ? Ou bien… elle ?
Non, impossible. Omyra savait très bien qu’elle était ici parce qu’on avait besoin d’elle. Elle ne vivait que pour le travail qu’on lui donnait. Rien d’autre.

[Oui, c'est vrai que c'est peut-être un peu... trop ? Et puis, d'abord, le plus beau, c'est Soarin ! (le plus charismatique du moins ! )xD]


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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Jeu 17 Jan - 2:07

Agressive. Vraiment. Elle parlaient les deux d'une voix plus tranchantes que les roches du Canyon. Elles me faisaient penser à deux poules sans tête, qui croyait que c'était moi, la poule sans tête. Avait-t-elles raison? Peut-être. Et c'est sûr que ça n'aidait pas, le fait de dire n'importe quoi. Maintenant, je comprend qui est la poule sans tête. C'était moi, idiot et bête que j'étais. Je me demande d'ailleurs pourquoi je ne suis pas considéré comme une simple d'esprit. Le simple d'esprit aurais dit des choses mille fois plus intelligente que moi, en tout cas.
Le ricanement d'Omyra, le «Lieutenant, mais pas méritant» de Scarlett et leur voix violentes, ça me faisait péter un plomb. Mais de l'intérieur. J'avais appris au fil du temps à transformer leurs paroles dans ma tête pour qu'elles me semblent plus calmes, plus douces. Mais je transformait aussi leurs paroles en des trucs plus faciles à digérer. Par exemple:«Tu penses vraiment ce que tu viens de dire ? Vous autres êtes vraiment trop egocentriques. Vous pensez qu’à vous et à votre existence, c’est… pathétique… Est-ce donc cela vos occupations ? Chercher des amis et une compagne ? Pff….», je me le disait plutôt comme ça: «Les gens comme toi, ce n'est pas utile au boulot et ça sert à rien.» Du moins, là, je l'ais grossièrement traduit à la manière d'accros du travail.
Et puis...pourquoi ne pas leur faire passer le message? Leur dire ce que j'essaie de leur faire comprendre depuis tantôt à leur manière? À ma manière. Ça s'appelait avoir du culot.

-D'accord. Il n'y a rien de plus inutile que l'amour. J'ai entendu dire que t'avais un frère, Imalys. Tu l'aimes, pas vrai? S'il se faisait tuer aujourd'hui, tu pleurais sa mort. Mais ce serait inutile, bien sûr, parce que dans la vie, seul le travail compte. Et puis, l'amour, ça existe pas. Ça servirais à rien, hein?

Je l'observa un moment, guettant une réaction. Je m'attaqua à Scarlett.

-Et puis, y'a toi, Scarlett. Sans sentiment, ni rien. Vous pensez de la même manière, les deux. Juste le travail. Y'a beaucoup d'autres choses dans la vie. Et puis, tant qu'on est en vie, pourquoi pas profiter de ce qu'elle nous donne, mis à part le boulot?

Je fis une courte pause, et continua:

-Je suis peut-être idiot, égocentrique et sans doute imbécile, et je n'ais pas peur de l'avouer. Pas peur d'avouer que je peux faire autre choses de ma vie que de bosser dur et ferme pendant une éternité.

[Je sais...mais vous avez pas lu le reste de la phrase..?XD Et Omy', je suis sûr d'une chose: Jo' est le moins charismatique, c'est sûr! :D]
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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Dim 20 Jan - 17:01

    Scarlett se plaça près de Omyra une fois sa vérité lancée au visage de la chouette. Bien qu'elle ne ressentait pas la satisfaction ou même la moquerie envers quelqu'un, elle avait le besoin de défendre la cause pour laquelle elle se battait depuis son enfance, sinon plus rien n'avait de sens non ? Elle ne pouvait s'imaginer la vie sans servir le Grand Tyto, une sorte de Divin aux yeux de beaucoup, surtout elle. Il n'y avait rien chez les Impurs, c'est ce qu'on lui avait appris. « Travaille, obéis et tu seras une Tyto comblée. » Si cela pouvait faire son "bonheur" dans un sens, ou même celui des autres, alors elle le ferait. Elle n'avait pas à réfléchir, c'était normal d'obéir à ses yeux.
    Scarlett sauta le passage de l'amour, trop concentrée à se dire « Oui, une Tyto c'est bien, ça travail et y'a pas de quoi cracher une pelote de travers. ». Mais elle capta la dernière phrase d'Omyra et hocha la tête. Oui, la focalisation et la concentration était la clé de tout. Mais ce que dit Jorunn fit gonfler sa poitrine, chose qu'elle ne comprenait pas. Encore ce picotement désagréable sous les plumes qui la brulait et cette sensation d'avoir une bulle de plus en plus grosse dans la tête. Comment ça pas de sentiment ? Quel sentiment ? Elle ne connaissait même pas la définition de ce mot, mais c'était futile, sans importance si Bec d'Acier n'en parlait pas.
    Scarlett tourna la tête vers Omyra, cherchant une explication, mais ce n'était qu'à elle, et elle seule, de trouver la solution à ce problème. Une de ses griffes gratta nerveusement le sol, mais le reste de son corps ne bougeait pas d'une plume.

      « Je ne comprends pas pourquoi tu es lieutenant pour dire de telles choses. »

    La chouette effraie disait rarement "je ne comprends pas", car elle ne remettait jamais rien en question. Mais là, c'était plus une question plus de dénonciation. ses yeux noirs brillants, elle fixa Jorunn dans les yeux, chose qu'elle ne répugnait absolument pas étrangement, et poursuivit :

      « Tu as plus important que de servir la noble cause du Grand Tyto on dirait, sinon tu n'argumenteras pas sur ça. Omyra a raison, l'amour, l'amitié et les... Sentiments ne servent à rien pour l'instant. On m'a dit que c'était une forme d'hésitation, et que l'hésitation formait les traitres. »

    Accusation grave, mais légitime selon la soldate.
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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Mar 22 Jan - 23:51

La réclaration de Jorunn arriva comme une fleur. D’abord tout petit, et puis, d’un coup, tout éclot et l’envergure des paroles sont visibles, les conséquences sont jugeables. Omyra pinça du bec, énervée. Ce jeune mâle avait un de ces toupets !
-D'accord. Il n'y a rien de plus inutile que l'amour. J'ai entendu dire que t'avais un frère, Imalys. Tu l'aimes, pas vrai ? S'il se faisait tuer aujourd'hui, tu pleurais sa mort. Mais ce serait inutile, bien sûr, parce que dans la vie, seul le travail compte. Et puis, l'amour, ça n’existe pas. Ça servirait à rien, hein ?

Elle répondit du tac au tac, d’un air sombre et lugubre, atone :
-Imalys est mort. Il est parti en mission et n’est jamais revenu.

Mais Jorunn, emporté dans son élan de belles paroles sur la grandeur de l’amour, et le sens de la vie, ne sembla pas l’entendre, et se tourna vers Scarlett.
- Et puis, y'a toi, Scarlett. Sans sentiment, ni rien. Vous pensez de la même manière, les deux. Juste le travail. Y'a beaucoup d'autres choses dans la vie. Et puis, tant qu'on est en vie, pourquoi ne pas profiter de ce qu'elle nous donne, mis à part le boulot ? Je suis peut-être idiot, égocentrique et sans doute imbécile, et je n'ais pas peur de l'avouer. Pas peur d'avouer que je peux faire autre choses de ma vie que de bosser dur et ferme pendant une éternité.

Idiot… Peut-être. Non, Naîf, plutôt. Oui, c’était bien le cas. Jorunn était quelqu’un de rêveur et de gentil. Trop. C’était un optimiste incroyablement crédule, qui voyait tout en positif. Omyra tapota la roche d’une de ses griffes, distraite et mal à l’aise. La bonne humeur de Jorunn la dérangeait, d’autant plus que ses réactions, pour le moins insolites, ne cessaient de la surprendre.

Scarlett se rapprocha de l’effraie noire. Toutes deux étaient réellement choquées par ce que venait de dire le jeune mâle. Omyra n’avait plus qu’envie de chasser. Mais elle s’abstint de faire quoique ce soit. Depuis son accident, même si elle ne ressentait plus aucun sentiment réel, elle était encore sujette à certaines envies, telles que la chasse, la voltige, ou les missions. Mais elle faisait toujours passer ses envies personnelles après tout le reste.

Elle soupira avant de regarder le plafond de la salle, qui était plutôt une sorte de grotte creusée dans la roche, mais qui, lumineuse, laissait passer énormément de lumière. Scarlett choisi ce moment pour répliquer d’une voix tout aussi monocorde que celle d’Omyra :
- Je ne comprends pas pourquoi tu es lieutenant pour dire de telles choses… Tu as plus important que de servir la noble cause du Grand Tyto on dirait, sinon tu n'argumenteras pas sur ça. Omyra a raison, l'amour, l'amitié et les... Sentiments ne servent à rien pour l'instant. On m'a dit que c'était une forme d'hésitation, et que l'hésitation formait les traitres.

Omyra ne savait pas si c’étaient elles qui avaient raison et que Jorunn se plantait sur le sens de la vie, ou l’inverse. Chacun fait ce qu’il veut dans la vie, pourvu qu’il n’impose pas sa vision aux autres. Et c’était justement ce que le lieutenant cherchait à faire. Ou peut-être essayait-il de les aider ?

Qu’en savait-elle, au juste ? Rien, trois fois rien. Ce n’était qu’une simple espionne, après tout. Elle avait des choses autrement plus importantes à faire de ses journées que de se demander si le mode de vie qu’elle menait était le bon. Elle ne s’en plaigait jamais. Elle ne trouvait plus, ou peu excitant depuis son accident, mais c’était normal. La plupart de ses sensations, de ses sentiments, de ses envies, avaient été inhibées par le choc.

La vie était ainsi, et Omyra n’avait pas cherché à comprendre pourquoi. Ni comment. Elle n’était plus du tout cette jeune femelle pleine de joie de vivre, à l’instar de Jorunn aujourd’hui. Elle était vide.

Ou peut-être n’était-elle plus ?

Un petit soupir passa son petit bec beige. Omyra se repassa les belles phrases de Jorunn. Elle fronça les sourcils, et se tourna vers le jeune mâle, venant d’apprécier les derniers détails, les ultimes parcelles d’interprétation qui donnaient tout son sens à sa tirade pathétique.
Plissant les yeux, elle avança de quelques pas en direction du lieutenant, jusqu’à ce que son ventre touche presque celui de Jorunn. Il la dominait de quelques centimètres, mais Omyra n’était pas –plus ?- du genre impressionnable. Elle vrilla son regard de bordeaux sombre, dans les yeux vairons de son camarade et, implacable, claqua du bec.
- Jorunn… Je ne te suis pas, là… Qu’essayes-tu de faire ?

Puis, une légère vague de colère, ténue mais bien présente, anima un instant son gésier, le faisant sortir quelques temps de sa torpeur et de son mutisme.
- Tu es bien trop naïf, Jorunn. Trop naïf, et trop optimiste. Tu batifoles, et tu t’égares. Ça pourrait te jouer des tours, un jour. Tu vis dans ton monde, mais un jour, il faudra bien atterrir, et revenir à la réalité. Notre réalité à tous ici.

Elle le jaugea un insant, avant de se retourner, et de s’envoler pour atterrir sur une branche nue de tout feuillage d’un arbre mort, le seul de la salle, à un petit mètre de hauteur, juste au dessus de Scarlett. Omyra regarda son interlocuteur dans les yeux, avant d’ajouter, l’air sombre :
- Tu vis encore dans tes rêves, Jorunn. C’est la différence entre toi et nous.






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MessageSujet: Re: De plumes, de griffes et de roche   Mer 23 Jan - 0:43

L'annonce de la mort de son frère ne me dérangea pas vraiment. Après tout, on ne pouvais pas changer le passé comme on le souhaitais. Mais j'avais sérieusement envie de lui dire: «Alors tu devrais savoir ce que ça fais, de perdre une personne. T'as dû pleurer sa mort, hein?» Je me retins malgré tout. Elle me dirait que je ne pouvais pas comprendre. Mais je comprenais. À cause de mon foutu père.
Un soupir me ramena à l'ordre.

- Je ne comprends pas pourquoi tu es lieutenant pour dire de telles choses… Tu as plus important que de servir la noble cause du Grand Tyto on dirait, sinon tu n'argumenteras pas sur ça. Omyra a raison, l'amour, l'amitié et les... Sentiments ne servent à rien pour l'instant. On m'a dit que c'était une forme d'hésitation, et que l'hésitation formait les traîtres

Traîtres, égocentrique, pas méritant ! Les compliments abondaient aujourd'hui !
Un autre soupir, un fronçement de sourcils, puis des yeux plissés. Les pensées devaient sans doute jaillirent dans leurs têtes. La Tyto chocolat fît quelques pas devant moi, jusqu'à presque atteindre la frontière de ma bulle de protection. Non, je ne les aimait pas vraiment, ces deux-là. Et je ne sais d'ailleurs pas pourquoi je reste là à les écouter parler commes deux pies.

- Jorunn… Je ne te suis pas, là… Qu’essayes-tu de faire? Tu es bien trop naïf, Jorunn. Trop naïf, et trop optimiste. Tu batifoles, et tu t’égares. Ça pourrait te jouer des tours, un jour. Tu vis dans ton monde, mais un jour, il faudra bien atterrir, et revenir à la réalité. Notre réalité à tous ici.


Poussant un regard méprisant, elle se retourna, continua à marcher un peu et s'envola sur la branche pourri d'un arbre mort.
- Tu vis encore dans tes rêves, Jorunn. C’est la différence entre toi et nous.

Un petit silence parcouru la pièce, d'où ne restait que nous. Sans doute les autres Tytos nous avaient trouvés trop bruyants. Elles étaient bruyantes, surtout.
-Et toi, tu seras bien en vie dans mes cauchemars.

Je la regarda du haut de son arbre, avec son air supérieur.
-Je pense bien que j'ai d'autres trucs à faire que de bavassez avec vous.

Non, je n'avais rien à faire. Mais même se faire écorcher vif était plus agréable que d'entretenir une discussion avec elles.
Je me prépara donc à décoller vers mon appartement, dépliant mes ailes.


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De plumes, de griffes et de roche

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