Plume brisée et cœur broyé

♣ CHAPITRE 5 - UNE ALLIANCE IMPROBABLE

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 Plume brisée et cœur broyé

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MessageSujet: Plume brisée et cœur broyé   Sam 5 Jan - 18:36

Ce Rp est censé raconter une tempête, où il y aurait de nombreux accidents liés à l'orage... Omy sera gravement blessée, et ça va l'affecter psychologiquement sur son caractère...C'est donc un RP important pour la suite de son histoire personnelle..


Ce jour-là, Omyra le n’oubliera pas. Non, ça, jamais.

La journée avait bien commencé, dans l’ensemble, pourtant. Le soleil s’était à peine couché, et cette nuit d’hiver était particulièrement douce et agréable. Pourtant, la jeune femelle avait eu un mauvais pressentiment.

Il régnait un climat tendu dans les gorges des canyons de Saint Ægolius. Tous les soldats qu’Omyra croisa avaient l’air pressés, comme s’ils fuyaient quelque chose. L’air était chaud. Contenue grâces aux immenses parois de roches rouges, la chaleur que le sol évacuait naturellement était emprisonnée dans cette immense prison de pierre. Pendant tout l’hiver, cela fut agréable, pourtant, ce soir-là, Omyra semblait trouver, comme la plupart des soldats l’air trop chaud. Suffocant et lourd, il pesait sur les ailes des soldats comme une force invisible qui, douée d’une volonté propre, essayait d’écraser au sol toutes les effraies qui tentaient de décoller. Comme si la terre souhaitait garder les oiseaux pour elle seule, les empêchant de s’envoler.

Elle s’était alors posée près des arbres, au dehors des canyons, pour respirer l’air nouveau. Les bourrasques de vent faisaient frissonner ses plumes de couverture. Au loin, elle voyait des nuages gris arriver. Ça, plus le vent plutôt puissant pour la saison, et l’air chaud et lourd…. Tous les signes annonciateurs d’un orage étaient réunis.
- On dirait que le temps va se gâter….


Dernière édition par Omyra le Mer 20 Fév - 22:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Ven 18 Jan - 20:56

Sparkle n'avait pas de corvées ce jour-là. Bon enfin si, il devait surveiller les frontières, mais bon, si il devait respecter les consignes à la lettre, il serait aussi maniable qu'un débouluné. Il l'avait laissé le sale boulot aux deux effraies qui étaient également de garde.
Le soleil se couchait lentement et le tyto capensis virevoltait dans les airs. Il faisait chaud, malgré le fait qu'ici, c'était l'hiver. Le soldat s'amusait à réaliser diverses acrobaties aériennes de toutes sortes. Une bourrasque faillit l'emporter cependant. Il dut lutter pour revenir là où il se trouvait quelques secondes auparavant.

Mais à peine était-il en train de recommencer ses figures qu'un grand vent - presque aussi puissant que le Zéphyr - l'envoya au loin. Il s'écrasa piteusement au sol. Personne ne l'avait vu?! Il avait perdu tout honneur! Ouf, rien. Juste une tyto noire. Il ne la connaissait pas.
Abritée sous quelques arbres, elle fixait le ciel.
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FymaëlSoldat chez les Sangs-Purs
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Sam 16 Fév - 4:02

Vraiment, mais vraiment désagrable. Depuis plusieurs jours, l'air était irrespirable, lourd et suffocant. L'eau se faisait plus rare, et des nuages gris se profilaient à l'horizon. Tout ça n'annonçait rien de bon.
Je ne pouvais pas voler. Du moins, je ne pouvais plus, car la chaleur était tellement insupportable. Certains pensaient que les grand cumulonimbus seraient annonciateurs de pluie. Mais j'en doutais fortement. D'après moi, un orage se préparait, car à chaque fois que j'avais vu de la pluie, les nuages n'étaient pas aussi sombres que ça.
De grands vents balayaient les canyons. Un vent chaud, rajoutant quelques degrés à la température catastrophique. Et toujours rien à boire. Cela de venait lassant, de se passer de la graisse de rat sur notre langue parcheminée. Rien de bien agréable là-dedans.
«Quel temps de merde..»Je n'avais aucun problème cependant. Juste la soif. Et encore, et toujours la classique famine. Vous aviez intérêt à vous habituez, chez les Sangs-Purs. Ce n'était pas le grand luxe, ici. Et ça ne l'a jamais été.
Dehors, sous le soleil tapant, se profilaient quelques ombres. De courageuses chouettes à la recherche d'eau. Mais la plupart restaient à l'ombre, à se faire du vent à tour de rôle.
J'était l'une d'elle, sans toutes fois me mêler à la foule. Certains ne voulaient que des amis. D'autres, véritables bourreaux des coeurs, des conquêtes amoureuses. Et encore, des personnes comme moi, à rester dans leur coin, comme un mouton égaré.
J'enviais sérieusement les Gardiens, depuis le début de la sécheresse. Eux, ils avaient de l'eau. Tout autour d'eux. Peut-être pas de l'eau douce, mais avec leur intelligence, ils seraient en mesure de fabriquer une sorte de filtre qui la rendrait potable.
Sous le soleil de plomb, je reconnus une silhouette chocolat. «Omyra.» Je ne l'avais vu qu'une fois. Oui, je l'avais croisé de temps en temps, mais rien de plus. Et, prenant mon courage à deux mains, partit dans sa direction, simplement, sans savoir quoi lui dire une fois rendu à côté d'elle. Je l'entendis murmurer.
- On dirait que le temps va se gâter….

Et, dans son dos, la prenant sans doute par surprise, je lui répondit:
-En effet..Je n'image pas la grandeur de l'orage, étant donné les circonstances. J'espère juste qu'il ne causera pas de grandes pertes.

Je plongea mes yeux dans ceux d'Omyra. Pas mal jolis, d'ailleurs.
Puis, je détouna mon regard vers l'horizon, pour voir les nuages approcher à une vitesse folle. Le vent se fît plus fort, plus vigoureux. Les nuages, plus sombres, presque couleur d'ébène. Les premières bourrasques, violentes, débutèrent.
Mais ce n'étaient que les plus faibles.
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Sam 16 Fév - 16:49

Omyra eut un instant le regard attiré par une chouette effraie, un soldat, qui s’amusait au gré des bourrasques. Sparkle, lui semblait-il. Mais elle n’en était pas sûre, ne connaissant le jeune mâle que pour l’avoir vu deux ou trois fois depuis qu’il avait rejoint leurs rangs. Quelques cabrioles parfois maladroites, mais plutôt bien placées, et bien calées avec les sacs et les ressacs des vents marins, en provenance directe du Nord et de la mer d’Hoolemere. Oui, c’étaient bien des vents marins qui venaient sur eux, car l’air était devenu sec et salé. Déjà horriblement chaud et lourd, il devenait presque irrespirable.

Une chouette normalement constituée aurait dû rentrer se protéger à l’intérieur. Mais pas Omyra. Pourquoi ? La jeune femelle n’en savait rien. Juste qu’elle était mue par un désir aussi intense d’improbable de rester dehors, en dépit de tout. Une immense bourrasque souffla encore plus fort. Sparkle, ou du moins le petit mâle de tout à l’heure, fut déséquilibré, et chuta. Il se releva, indemne, fort heureusement, mais tout étonné et honteux. Omyra eut un léger sourire compatissant. Ce ne serait pas elle qui le blâmerait pour cela.
Si la jeune chouette s’autorisait à rester dehors, aurait-elle au moins le cran de rester jusqu‘au bout de la tempête et de voler dedans ? On racontait que c’était une expérience tellement extraordinaire, de voir le ciel et les étoiles sous un temps pareil. L’effraie noire avait vraiment envie d’essayer.

Une voix étrange la fit sortir de ses pensées. Une voix qu’elle connaissait bien. Même sans se retourner, l’effaire noire savait qui était derrière elle, dans son dos.
Fymaël. Un des capitaines de l’armée.
-En effet. Je n'imagine pas la grandeur de l'orage, étant donné les circonstances. J'espère juste qu'il ne causera pas de grandes pertes.

L’effraie noire sourit. Elle avait connu le jeune mâle à ses débuts, alors qu’il arrivait tout juste à Saint Ægolius. Même si Omyra avait toujours détesté Abéli, la cousine de ce dernier, elle avait été triste pour lui, lorsqu’elle avait apprit qu’elle était morte des serres d’un terrible tueur au service des gardiens.

Omyra se retourna, et planta ses yeux dans ceux, mystérieux, de Fymaël. Un mâle vraiment gentil et mignon. C’était étonnant qu’il n’ait pas de compagne, ou au moins de flirt ou de petite amie dans les canyons. A moins qu’il n’en eût une… Ailleurs ?

L’effraie noire tourna à nouveau son regard vers le ciel. On pouvait presque imaginer des cendre tomber sur eux, tellement l’air chaud brûlait leur plumes et leur gorge, pour s’infiltrer jusque dans leur poumons.
Omyra soupira, avant de le regretter amèrement. Elle toussa. Puis elle répondit enfin, après avoir repris son souffle :
- Oui… Que Glaucis nous protège de ces intempéries.

Elle ferma les yeux quelques instants, avant de se tourner vers Fymaël.
- ça faisait un bail, hein ? Qu’on ne s’était pas parlé.

Elle lui fit un sourire amical, lui montrant bien qu’elle était contente qu’il soit venu lui parler ce soir-là.
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FymaëlSoldat chez les Sangs-Purs
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Dim 14 Avr - 3:50



Le vent devint au fur et à mesure plus violents. Quelques petites gouttes de pluies voletèrent, silencieuces et légères. Les nuages avançaient à une vitesse folle, mais il étaient toujours à l'horizon. Je ne m'en faisais pas trop. Si nous n'étions pas trop lents, nous aurions largement le temps de rentrer dans les canyons, y rester en sécurité durant la tempête.
J'aurais dû. J'aurais dû le faire.
Je me balottait d'une serre à une autre, déposant furtivement mon regard sur elle lorsqu'elle ne me voyait pas. Mon comportement me fît sourire, mais j'arrêta immédiatement, vu la situation.
Elle me regarda un instant, puis dit quelque chose, mais je n'en compris absolument rien, sinon quelques sons. Les éclairs au loin avaient couvert sa voix chaleureuse. Les nuages couleur de jais avaient déjà accomplit la moitié du chemin. Les vents devenaient réellement terribles. Aux alentours, je vis, en parcourant le paysage, que toutes les chouettes rentraient à l'intérieur. Sans exception. Les gouttes de pluie chaudes et fines, agréables malgré sa température, était devenue glaçées, énormes, et faisaient frémir mes os creux à leurs contact. Fini, la chaleur, finie, la canicule. Mais dehors, personne. Personne n'avait essayé de trouver son salut avec cette eau.
J'aurais voulu répondre à Omyra, mais la météo en avait décidé autrement. Pas de réponse joyeuse aujourd'hui.
Tremblotant légèrement, après la chute subite de température, je regarda le ciel. Les nuages étaient déjà là, visiblement. Et depuis un bon bout de temps. Assez pour que la tempête me projette sur un rocher, qui, heureusement, était plat.
Engourdi et avec un mal de chien à la tête, je me leva. Une liquide poisseux à l'odeur métallique coula légèrement de mon crâne. Rouge.
Alors que j'avais seulement ma survie qui importais, je me souvenais d'Omyra. Derrière moi, ballottée par les vents tulmuteux, elle les affrontaient courageusement, de face, le visage replié vers elle-même pour ne pas partir au vent comme je l'avais fait si brutalement. Je lui tendis ma serre, mais, c'aurait été inutile d'attendre une réponse à mon mouvement. N'importe quelle chouette sensée aurait acceptée, car sa survie en dépendait.
-Vite, il faut sortir d'ici!
Je lui pris la serre, la serra plus fort que nécessaire, sans lui faire mal, pour être sûr qu'elle ne partirait pas au vent.
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Mar 25 Juin - 0:17



    Il y eut une puissante bourrasque. Fymaël fut balloté dans les airs, luttant contre la force phénoménale du vent, mais finit pas se faire emporter, et fut expulsé contre le plat d’un rocher.
    -Fymaël !

    Omyra cria, et tout son être s’emplit d’une peur immense pour son ami qu’elle venait tout juste de revoir. L’effraie se releva, alors que l’effraie brune se faisait à son tour emporter par une nappe de vent puissante. Lorsqu’elle revint sur sa position, le jeune mâle était de nouveau à sa hauteur. Ils luttèrent ainsi, côte à côté, seuls contre la Nature, pendant plusieurs minutes.

    Soudain dans un mouvement désespéré, Fymael lui fit un signe de la  patte. Elle fronça les sourcils, en comprenant pas ce qu’il voulait lui dire. Ce fut un miracle, qu’à travers deux bourrasques, elle l’entendit :
    -Vite, il faut sortir d'ici!

    Elle regarda derrière eux, plus par réflexe que par bon sens. Une énorme colonne de vent chaud s’approchaient dangereusement d’eux, si puissante et épaisse qu’elle en était parfaitement visible.
    Omyra sentit une prise se refermer autour de sa patte. Perdue, elle se retourna de nouveau vers Fymaël, qui essayait de faire office d’encre, pour éviter qu’elle ne parte à la dérive. Le regard de la femelle, plein d’empathie, essaya de capturer celui du jeune mâle pour lui gratifier sa reconnaissance. Mais, très vite, son attention se reporta sur la colonne chaude de tout à l’heure. Si, précédemment, elle se dirigeait vers le nord, c’était désormais vers eux qu’elle allait. A cette vitesse, une chouette prise dans ces courants pouvait être propulsée n’importe où.

    Ils n’allaient pas assez vite. Même en alliant leurs forces, Fymaël et elle n’étaient pas capables de devancer ce piège infernal. Elle était épuisée et faiblarde, et lui blessé et sonné. Ensemble, ils courraient droit vers cette minuscule tornade dévastatrice.

    Omyra fit ce qu’elle avait à faire. Elle lâcha prise.

    Si, tous les deux, ils ne pouvaient y arriver, l’un ralentissant l’autre, et inversement, ils avaient peut-être plus de chance seuls. Elle le propulsa donc, lorsqu’elle rompit le contact tactile. Mais, élan mal calculé, elle se retrouva plus près que jamais de la colonne chaude. Lorsqu’elle senti la température monter tout autour d’elle, Omyra sût que c’était trop tard pour elle.
    -Pardonnes-moi…

    Et elle se fit emporter par le tourbillon d’air chaud.


[Tu veux commencer lorsqu'on sera à l'infirmerie ? D'ici deux ou trois posts ?]
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Dim 28 Juil - 3:15

Malgré le fait que je courais le plus vite possible, la colonne d'air, devenue incroyablement violente et rapide, nous rattrapait à toute vitesse. J'espérais pouvoir sortir d'ici avec Omyra, mais maintenant que j'y pensais, ça semblait relever du miracle.
L'air était noir, et plus personne n'était à l'horizon. Je comprends qu'ils ne veuillent pas nous donner de l'aide, avec cette tempête gigantesque, parce que ça doit être du jamais vu dans les Canyons.
La température monta soudain d'un coup. On aurais aussi bien pu être au-dessus d'un volcan que l'on n'aurais senti aucune différence.
Notre démarche était lente, fatiguée, et lorsque je tourna la tête, par instinct, je vit la colonne plus proche que jamais, à quelques secondes de nous, frêles et petits par rapport à elle. Elle nous emporterait si nous ne bougions pas. Sans aucun doute. Et si elle ne nous tuait pas, elle..non qu'est-ce que je dis, elle nous tuera certainement.
Je regarda Omyra, qui elle, n'avait certainement pas de telles pensées. Elle voulait survivre, et pensait peut-être pouvoir, à l'inverse de moi.
Mais elle fit quelque chose d'inattendu. Elle lâcha prise.
Je m'étais peut-être trompé sur ses intentions, finalement.
Aspirée par l'air brûlant, elle se retrouva au beau milieu de la tempête, ballotée de partout.
Ses paroles me vinrent avec un peu de retard: «Pardonnes-moi.»
«Non. Je n'ai pas à te pardonner, ce n'est pas ta faute.»
Je ferma les yeux sur la dernière image que je voyais d'elle.
«Désolée de t'avoir tuée, Omyra.»
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Lun 12 Aoû - 23:50


    Le tourbillon était infernal. Le vent sifflait. L’air lui-même était tranchant, dangereux. Omyra ne voyait plus rien. Le sable que véhiculait la tornade la forçait à fermer les yeux. Elle luttait encore. Se faisait balloter de temps à autre. N’avait plus vraiment conscience de ce qu’il se passait autour d’elle. Comme dans un rêve.

    Ou dans un cauchemar.
    Elle essaye de replier ses ailes. Elle ne sent même plus le bout de ses plumes. Le bruit des arbres montent derrière elle. Souvenir d’enfance. La forêt de Tyto. Son creux, sa famille, ses frères. Imalys. La journée où elle avait retrouvé son grand frère. Où celui-ci l’avait emmené aux Sangs Purs. Sa rencontre avec le couple royal. Son entrainement avec Ginger. Sa montée en grade en tant qu’aile droite de celle-ci. Ses multiples missions. Fymaël, qui aurait pu être plus qu’un ami. La disparition d’Imalys. Ses amis. Son passé.
    Sa vie.

    Elle est secouée. L’altitude est basse. Tout s’accélère. L’air devient frai. Elle se sent partir. Elle n’est plus là. Peut-être. Rocher. Contact. Fin.

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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Dim 8 Sep - 1:19

Le rideau de mes paupières se souleva lentement. Le monde tangua un peu, se brouilla, puis revins à la normale. Instinctivement, je regarde autour de moi. Je vois encore la colonne, au loin, qui semble être venu seulement pour satisfaire ses envies de meutres.
J'essaie de me lever pour mieux voir, repérer les alentours, parce que je n'ai aucune idée d'où je suis. Mais une douleur à la patte gauche m'arrête dès que j'esquisse les premiers mouvements.
Elle n'est pas dans le bon angle.
Ma mère m'en avait déjà parlé. Si elle est cassé, on sentira un déchirement. Mais là, c'est juste mon muscle qui a l'air un peu trop étiré à mon goût.
Alors je prends le milieu de ma patte, serre les dents, et la tire vers l'horizon. J'étouffe mon cri de peine et de misère, mais au moins, elle est redevenue normale. Elle n'est plus foulée.
Je me sens mieux, quoi que je sois très fragile.
Le sable soulevé par la colonne se redépose tranquillement sur le sol. Sur moi. Et sur un corps brun, à quelques mètres.
La résignation qui faisait place il y a quelques instants se remplace rapidement par une détermination étrange.
En rampant, parce que je n'ais pas la force de marcher ni de voler, j'essaie de rejoindre Omyra. Un centimètre à la fois. Quelques minutes plus tard, je suis à ses côtés.
Je crois qu'elle va se lever, se redresser à tout moment, elle qui a toujours été si forte.
Mais non. Pas un battement de cil. Pas de mouvement de respiration.

-Non..

Ma mère m'a beaucoup enseigné. Les bases, plus quelques-uns des ses propres trucs. Alors je fait ce qu'elle me disait. Je prend le pouls extrêmement trop faible d'Omyra, et en convient que je vais devoir essayer de la réanimer.
Les larmes montent à mes yeux d'elles-mêmes. Mais je ne vais pas les laisser sortir, pas pendant que je fait des massages cardiaques, pas pendant un bouche-à-bouche.
Je continue pendant un certain temps, mais je n'en peux bientôt plus.
Je m'écroule par terre, à ses côtés, et laisse sortir les larmes qui me pesait temps.
Elle ne vivra plus, tout est de ma faute.
Je m'autorise un baiser, sur le front, en guise d'adieu silencieux.
Puis arrive les autres chouettes, et tout devient couleur d'encre.

---

Mieux. Je me sens beaucoup mieux. Peut-être à cause de mes bandages sur le front, la tête et ma patte, qui semblait ne pas avoir été replacée correctement. Maintenant elle l'est.
Elle, elle est à côté de moi, dans son inconscience. Elle respire doucement. Je la protège contre les personnes autres qu'infirmières, j'essaie de changer ses bandages à chaque heure et je la surveille dans son sommeil, pour être là lorsqu'elle se réveillera.
Les infirmières disent qu'elle ne devrait pas conserver de séquelles, mais cela reste à vérifier lorsqu'elle se lèvera.
Je sais qu'elle n'en aura pas, car elle est...forte.
Soudain, un jour, elle ouvre les yeux, reprend ses esprits.
Alors je marche vers Omyra, reste près d'elle. Je me retient de laisser mes sentiments éclater. Mais je la regarde, plein d'espoir.
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Mar 1 Oct - 20:48

    Une vague d’émotions énorme l’assaillit, alors qu’elle contemplait, hébétée, l’immensité détendue devant elle. La jeune femelle cru défaillir tant son gésier était sollicité par toutes ces émotions à la fois. Un peu comme si tout ce qu’elle a vécu, tous les sentiments qu’elle a exprimé dans sa vie, avaient doublé, voire peut-être triplé d’intensité, et s’étaient superposés en même temps, d’un un brouhaha symphonique presque insupportable.. La petite ombre qu’elle était pinça du bec, complètement perdue. Elle ressentait tout. Haine. Tristesse. Désespoir. Lassitude. Peur. Mais aussi la joie. L’excitation. Le bonheur. La honte. La fierté. La joie. L’amour, même. Elle était complètement perdue dans tout cela, et n’osait plus bouger.

    Etait-ce ce paysage si incroyable, si divin, qui lui provoquait de tels maux de gésier ? Elle fut incapable de savoir qui elle en avait mal, ou si au contraire elle aimait cela. Si elle voulait que ça s’arrête, ou que ça dure pour toujours. Légère comme l’air, elle contempla, béate, le royaume immense qui se tenait devant elle. Comment décrire un tel paradis ? c’était comme si tous les royaumes de Ga’hoole avaient été passé au peigne fin, qu’on ai choisi les meilleurs endroits de chacun, et qu’on eut assemblé le tout en une ile prodigieuse, dont le mélange si subtile ne laissait voir qu’une terre unie et homogène, mais où les différentes caractéristiques de chacun étaient clairement reconnaissables.

    Elle regardait tout cela, extrêmement émue. C’était si beau… Alors qu’elle se sentait inexorablement attirée par cet endroit mystique sorti des plus beaux rêves d’un esprit plus prodigieux encore, elle sentait également comme une traction qui la maintenait en place, l’empêchant de rejoindre ce véritable coin de paradis.
    - Omyra…

    Elle regardait ce royaume qui semblait lui être interdit. Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-elle pas le rejoindre, tout simplement ? Mais la voix omniprésente, qui vibrait autant autour d’elle que dans sa conscience en désordre, réitéra son appel, une fois, deux fois… Jusqu’à ce qu’elle comprit que c’était elle qui l’appelait. Son attention se reporta alors vers cet Être intangible.
    - Oui ?

    Sa voix, légère et cristalline, aussi pur et fraîche qu’un ruisseau de haute montagne, fut comme emporté par le vent. Pourtant, Il l’entendit.
    - Ce n’est pas encore ton heure, Omyra.
    - Mais… Mais pourquoi ?

    Incrédule, elle vit comme une brume blanche s’approcher d’elle. Elle se stabilisa, avant de prendre la forme d’une chouette aux multiples races. A l’instar ce de merveilleux pays qui se trouvait en dessous d’eux, l’inconnu possédait les traits de toutes les races de chouettes possibles et déjà imaginées, dans un mélange tellement harmonieux et inédit que la chouette semblait tout à fait naturelle, et prodigieusement belle. Omyra compara la texture légèrement bleutée avec la sienne, dont seule une couleur plus foncée la différenciait de l’autre.

    La chouette bleue eut un petit sourire.
    - Il te reste encore tant de chose à faire En Bas…
    - Mais que dois-je faire alors ?
    - Ce n’est que lorsque tu auras trouvé toutes les étoiles qu’il manque à ta constellation que tu pourras entrevoir la possibilité d’un nouveau ciel…

    Elle fronça les sourcils, ne comprenant pas du tout les paroles cachées de la chouette bleue…Soudain, le paradis disparu, comme flouté. Comme si l’île partait d’un coup de sprint en se diluant dans le ciel blanc. Elle –même se sentait partir, alors que le brouhaha d’émotions s’éteignait peu à peu. Plus vite, elle vit tout son environnement disparaître complètement. Elle su à ce moment appeler la chouette bleue
    - Glaucis, attend !


    Et de nouveau, ce noir si inquiétant. Elle se senti lourde, si lourde… Elle se répéta la phrase de l’apparition, comme pour l’ancrer dans sa mémoire pour toujours. Puis, elle ouvrit les yeux. Et oublia tout. Elle était vivante, et était de retour à Saint AEgolius.

    Seule, enfouie sous un épais pan d'inconscience, une curieuse phrase s'était cachée, seul vestige qui lui restait de son voyage auprès de l'Originel.
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Jeu 3 Oct - 22:57

La tempête avait fait rage, pendant combien de temps ? Des minutes, des heures ? Ginger en avait perdue le fil. Elle était occupée à polir la lame de sa lance rétractable et à relire un conte concernant une célèbre troubaplume des temps anciens. Le vent avait hurlé dans les Canyons quand soudain, la belle effraie s'était souvenue qu'Omyra était sortie. Certes, elle ne se rappelait pas bien la raison de cette sortie mais par contre Ginger savait que son amie n'était pas rentrée. Sans plus attendre, elle referma son livre et s'envola vers les guetteurs qui étaient toujours au courant des allers et venues des Sang Pur. Ceux-ci s'inclinèrent profondément devant elle. Même si ils ne savaient pas qu'elle était la fille illégitime de Leurs Puretés, ils savaient tous quel rôle elle avait joué au Grand Arbre et quel rôle elle jouait encore maintenant. L'un d'eux, s'avança vers elle et se mit au garde à vous, bombant le torse. Ginger le connaissait bien, Smashin était un grand tyto mâle de l'espèce ombrée. Il n'était certes, pas le plus intelligent des Sang Pur, mais il avait un peu de réflexion et c'était pris d'affection pour l'effraie rousse lorsque celle-ci n'était encore qu'un oisillon. Ses yeux perçants lui permettaient d'être au courant de tous les va et viens effectuer par les tytos.

-Guetteur en Chef Smashin pour vous servir Grande Espionne.


-Repos Smash', voyons depuis le temps j'ai beau te le répéter à chaque fois, il n'y a pas moyens que tu change de ton.


-Le protocole c'est le protocole Ma Dame.


Ginger s'était mise à chuinter, décidément, ce vieux mâle ne changerait jamais.

-Je suis là pour savoir si Omyra, mon aile droite est rentrée de son vol. Elle devait passer dans mon creux personnel pour que nous voyions deux trois choses ensemble mais je commence à m’inquiéter avec cette tempête qui rugit ! Dis moi que tu l'a vue, elle vol admirablement bien mais cela ne m'empêche pas de m’inquiéter face à la force de ce vent.


Malheureusement, l'air contrit de Smashin ne lui plut pas du tout.

-Je suis désolé de vous dire que Dame Omyra n'est pas rentrée de son vol en compagnie de Fymaël, ils sont partis depuis quelques heures déjà...


-Je te remercie Smash', à plus tard.


Et sans un mot de plus, l'effraie rousse décolla à tire d'elle. La panique commençait à la gagner. La tempête s'était levée d'un coup et avait due les surprendre en plein vol. Même un Gardien aguerrit aurait eu du mal à vole dans de telles conditions. Ginger tenta plusieurs fois de s’élever au dessus des Canyons, mais les bourrasques la balayaient dans tous les sens et elle se heurtait à des murs invisibles qui la déstabilisait totalement. Après un nombre incalculable de tentatives, la belle effraie fini par entendre raison. Elle ne pouvait pas sortir secourir Omyra, même en le voulant de tout son gésier, le vent se jouait d'elle et l'avait malmenée dans tous les sens. Elle ne pouvait rien faire d'autre à part attendre.

Ginger avait donc attendue dans son creux, polissant sa lame, faisant les cent serres au point d'en avoir les plumes de sa queue froissées à l'extrême, mais ça, l'espionne s'en moquait, elle se faisait un sang d'encre. Ce n'est que plusieurs heures plus tard, une fois la tempête terminée, que Smashin vint lui annoncer en personne qu'un escadron de Sang Pur avait retrouvé Omyra et Fymaël dans un très sale état et qu'ils avaient été conduit à l'infirmerie. Ginger remercia le Guetteur tout en s'envolant pour le lieu où Omyra avait été emmenée. Elle croisait les serres pour que son amie s'en sorte.

L'infirmerie était un grand creux situé au sol, ce qui permettait de gérer plus facilement les blessés. Le lieux était remplis de nid confectionné à l'aide de plumes qu'offraient les grosses femelles harfangs que les Sang Pur avaient gardés comme infirmières. En effet, ces femelles avaient vouées leur vie à soigner les chouettes, bonnes ou mauvaises, ces Harfangs n'avaient pas de camps et rendait bien service aux tytos. Emma, l'infirmière en chef vint rapidement vers l'espionne lorsqu'elle s’aperçut que celle-ci était présente. Ginger n'était pas de ces chouettes discrètes, hors de son travail d'espionne bien entendu, son plumage roux lui garantissait la reconnaissance de chacun en n'importe quel lieu dans les Canyons. Emma semblait fatiguée, il y avait eu de nombreux blessés en quelques heures et son plumage, habituellement blanc, était maculé de sang. Il était inutile pour Ginger d'annoncer ce pourquoi elle était venue, tous ici savaient le lien qui l'unissait à Omyra. L'Harfang lui fit signe de venir et tout en s'envolant vers le fond de l'infirmerie, elle lui expliqua :

-Ils ont tous les deux été retrouvés inconscients, ils étaient à deux doigts de toucher le sol quand l'escadron, qui rentrait aux Canyons, les a interceptés à quelques mètres du sol pour me les amener directement ici. Nous avons eu pas mal de blessé ce soird'hui mais eux...Eux ont demandés énormément de soins intensifs. Fymaël a été, je ne sais comment, gravement blessé à la tête, mais il s'en sortira, il aura juste du mal à voler et à trouver son équilibre pendant quelques temps...


Des mots, lancés sur un ton expert, Emma connaissait son boulot et Ginger savait qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour soigner son amie. Mais l'espionne bouillonnait intérieurement, elle n'avait que faire des nouvelles de Fymaël, seul comptait Omyra. Enfin, la Harfang aborda le cas de l'effraie noire lorsqu'elles se posèrent à côté d'une tenture bleue marine faisait office de rideau pour isolée la patiente qui se trouvait derrière.

-Autant le cas de Fymaël ne m'inquiète pas trop car il va vite reprendre connaissance, tous les signes d'activités cérébrales l'indiquent. Autant pour Omyra je m'inquiète beaucoup, elle semble dormir, je suis incapable de savoir comment elle a perdu connaissance, mais une chose est sûre, elle ne montre aucun signe d'activité cérébrale. Pour faire bref, elle est dans le coma, et je ne sais pas si elle se réveillera un jour. Je te laisse avec elle, tu peux la veiller si tu le souhaite. Je viendrais contrôler toutes les deux heures si son état ne se dégrade pas, en attendant, d'autres ont besoins de moi.


Emma s'envola donc pour repartir dans la salle principale. Ginger était totalement abbatue lorsqu'elle passa derrière le rideau. Omyra était là, étendue sur le nid de plumes. Elle semblait dormir... Ginger s'approcha doucement de son amie, les larmes aux yeux. Elle devait se réveiller ! Elle ne pouvait pas la laisser toute seule. Sa respiration était lente et régulière, l'effraie noire semblait si paisible. La belle tyto rousse eut l'impression que le nid n'était pas assez rembourré à son goût, aussi entreprit-elle de s'arracher quelques touffes de duvet afin d'ajuster le nid. Un fois satisfaite, elle se tint tout près de son amie, refusant de s'asseoir. Ginger était partie pour une longue veillée mais elle s'en moquait, le principal était que son amie se réveille.

-Omy, c'est moi Ginger. Tu va te battre hein. Tu va combattre comme une vraie pro que tu es et tu va revenir et ensemble on pourra continuer à être les meilleures, tu le sais hein.


Et la veillée commença. Emma tenait parole et revenait toutes les deux heures, de nuit comme de jour pour vérifier que l'était de l'espionne noire ne se dégradait pas. Les heures passèrent, puis les jours...Ginger ne voulait pas perdre espoir, elle n'avait quittée sa veille que pour se nourrir de quelques insectes afin de ne pas défaillir et elle avait elle même donnée la becquée à son amie lorsque les infirmières étaient débordées. La tyto aux yeux d'ambre ne cessait de parler, persuadée qu'Omyra l'entendait. Elle allait se réveiller c'était certain. Même si beaucoup d'infirmières avaient perdues espoirs, Ginger se tenait au chevet de son amie avec détermination.

Puis, neuf jours exactement après la tempête, Omyra ouvrit enfin ses yeux noirs. Ginger faillit hululer de joie, mais ne voulant pas effrayer son amie, elle se dépêcha d'appeler Emma qui arriva à tire d'elle toutes activités cessantes. L'infirmière en chef souriant et jeta un regard heureux vers l'effraie rousse dont le gésier débordait de soulagement.

-Glaucis soit loué. Tu es revenue, j'ai eu si peur.


L'effraie rousse n'était pas dévote, loin de là, mais le soulagement lui avait fait échapper cette phrase pieuse. Elle n'avait pas parlé fort, mais au fond, elle se doutait que son amie l'entendait. Une larme roula sur ses plumes, la fatigue commençait à retomber mais il était hors de question qu'elle dorme maintenant, Ginger se reposerait plus tard, oui plus tard. Pour le moment, elle préférait rester auprès de son amie.
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Mar 8 Oct - 11:17

Elle n’avait pas mal. A vrai dire, elle ne sentait véritablement plus rien. Comme inerte, la jeune espionne aux plumes chocolat resta ainsi, étendue sur… sur de la mousse ? à contempler le plafond rouge ocre de la roche. Pour n’être venue qu’une seule fois avant la disparition de son grand frère, Omyra eut un peu de mal à reconnaître l’endroit.
Puis, doucement, elle essaya de chercher dans sa mémoire ce qu’il lui était arrivée pour qu’elle soit désormais allongée dans ce nid d’hôpital. Ah oui, elle était bel et bien à l’infirmerie, donc. Intéressant. Mais comment était-elle arrivée là, d’abord ?

La jeune femelle décida de faire le tri, et de partir des généralités qu’elle était sûre de connaître pour remontrer aux informations précises qu’elle voulait. Elle se rappelait de son nom. De son âge. Du nom de son frère. Elle n’a jamais eu l’occasion de connaître le poussin qui allait sortir du troisième œuf de ses parents. Oh, ce détail aussi lui revint. Intéressant, aussi. Omyra essaya de se rappeler le visage de ses paternels, leur voix, leurs attitudes. Puis Imalys l’avait amené ici, chez les Sang-Purs. Elle avait rencontré Ginger, fille illégitime du couple royal, qui l’a formé au métier d’espion. Et puis… C’était une profession dangereuse..  Comme les tempêtes qui sévissent aux Canyons en cette saison…Comme la tornade de la veille, d’ailleurs.

Attendez ! Une tornade ?
Omyra avait en effet la très nette impression d’avoir été récemment dans une essoreuse, ou quelque chose du genre. Et maintenant qu’elle avait ce vague souvenir, cette idée ne quitta plus sa tête brune d’effraie mélanome.
Oui, la tempête ? Enfin, les souvenirs lui revirent pas vagues. Petit à petit, elle su ce qu’il s’était passé. Cette journée où Fymael et elle s’étaient faits piégés par la tempête.
Fymael ! Où était-il à présent ? Etait-il toujours vivant ?

Omyra tourna la tête sur le côté, et vit le mâle alba un peu plus loin. Elle fronça les soucils, ne voyant pas ce qu’il faisait nettement. Son mouvement en avait engendré un autre, celui d’une chouette non loin d’elle.
Omyra tourna la tête de l’autre côté, pour voir arriver Ginger débouler avec une infirmière. Etait-elle en si mauvais état ? L’effraie mélanome n’osait même pas bouger, de peur de casser quelque chose.

L’effraie rousse semblait tellement soulagée. Mais Omyra n’avait pas dormi longtemps… Etait-ce parce qu’elle avait raté son rendez vous avec son amie ?
-Glaucis soit loué. Tu es revenue, j'ai eu si peur.

Elle cligna des yeux.  Sa voix semblait se balader sur une note… avant de descendre un peu dans les graves à chaque fin de phrase.
- Ginger… Je t’ai entendu parler… dans ma tête…

Ah, c’était pour ça, ce foutu mal de tête… Mais il y avait eu une autre voix, Omyra en était pratiquement sûre. Mais qui ? Pourquoi ce cette idée, ce fragment de souvenir demeurait verrouillé dans son inconscient ? Pourquoi ne pouvait-elle pas savoir, tout simplement ?
Omyra plissa les yeux, et remarqua soudain les traits fatigués de Ginger. Elle fronça les sourcils. Hier, elle avait l’air en pleine forme, et là.. ça ne collait pas. Non, connaissant l’effraie rousse, jeune et pleine de ressources et d’énergie, elle aurait plus tenu le coup si elle avait veillé toute la nuit. Omyra le savait, parce qu’elle avait senti une présence réconfortante auprès d’elle tout le long. Mais ce long était long comment, au fait ? Pour Omyra, cette période de noir avait duré qu’une nuit, peut-être un jour entier. Mais en voyant Ginger, elle eut soudain des doute. Elle se retourna un instant pour voir Fymael qui approchait. Elle l’interrogea du regard, et oublia de manifester son soulagement de le voir en vie.  Quoique… Elle n’éprouvait rien en le voyant. Ni joie, ni soulagement. Pas plus qu’elle ne ressenti quelque chose devant Ginger. Pas d’inquiétude, de joie de la voir, au autre. Réagissait-elle ainsi avant le Noir ? Elle n’arrivait même plus à s’en souvenir. Omyra avait récupéré tous ses souvenirs, plus quelques-uns oubliés, resté enfouis dans l’inconscience trop longtemps. Mais ce qu’elle avait ressenti jusque là… Rien. Pas une émotion, pas un seul sentiment.

Omyra en vint à la conclusion que si elle n’en avait aucun souvenir, c’était parce que ça n’avait jamais existé. Elle ne voulait pas perdre son temps à chasser une chimère. Non, elle n’avait rien perdu depuis son passage dans l’inconscience du Noir.
Tout de même, perplexe, l’effraie noire demanda d’une voix atone :
- Mais… Vous êtres ici depuis combien de temps ? Et… Et moi, je suis là depuis quand ?

[Je réponds maintenant pour faire un peu avancer le RP... On instaure un tour après ? On va bientôt arriver à la fin je pense... C'est comme vous le voyez !]
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MessageSujet: Re: Plume brisée et cœur broyé   Dim 27 Oct - 17:40

Ginger ne pouvait pas se mentir, quelque chose chez Omyra avait changé et elle en fut bouleversée. Ses yeux autrefois si pétillants et si vivant semblaient comme ternes et éteints, l'effraie brune semblait être ailleurs...elle avait beau être devant l'effraie rousse, pourtant sa voix semblait si lointaine. L'espionne prétendait avoir entendue Ginger dans sa tête, durant son coma...l'espionne en chef était quelque peu soulagée de ces révélations, au moins, Omyra n'avait pas perdue la mémoire, chose que Ginger avait redoutée. Lorsque la blessée s'enquit de la durée de son sommeil, l'effraie rousse hésita avant de répondre. Elle cherchait ses mots, Emma l'avait bien prévenue que les chouettes qui sortaient d'un coma était fragiles aussi bien physiquement que psychologiquement et Ginger refusait qu'Omyra ne fasse une rechute. Aussi lui répondit-elle d'une voix douce et posée.

-Tu a dormi longtemps Omyra, on commençait à perdre espoir, même Emma ne se faisait plus d'illusions. Neuf nuits, c'est ton temps de sommeil, encore quelques jours de plus et...



Sa voix s'enrailla, elle avait eu vraiment peur. Surtout ces derniers jours où l'infirmière en chef passait dans le creux avec un air qui voulait dire ''laisse là s'en aller''. Mais Ginger avait refusée d'abandonner son amie. L'effraie rousse avait été, et était encore, reniée par ses parents, elle était illégitime. Ginger avait osée percer sa coquille la veille d'une éclipse de lune, sa vie avait été quasiment terminée alors qu'elle venait à peine de débuter. On l'avait cachée et élevée comme si elle n'était personne. La belle tyto avait beau savoir qui était ses parents, elle se considérait tout de même seule et sans famille. Son prestige elle l'avait acquis par elle-même et par personne d'autre. Ginger ne devait rien à personne.

Puis, Omyra était arrivée. Elle était un peu plus jeune que Ginger, mais elle était prometteuse et l'effraie rousse avait rapidement vue le potentiel de cette effraie aux plumes couleur chocolat. Ses plumes n'étaient pas blanches mais elles lui permettaient de faire une espionne hors-pair. Ginger avait assurée sa formation avec une aile de fer dans un gant de plume et de fil en aiguille, elle avait fini par s'attacher à Omyra plus qu'à n'importe quelle chouette. La jeune effraie noire lui avait permis de surmonter quelque peu l'absence de Raven. Avec le temps, la jeune espionne était devenue sa famille, elle pouvait compter sur elle en toutes circonstances. Savoir qu'elle était passée si près de la mort avait rendu Ginger malade d'inquiétude et cela se voyait à son plumage terne qu'elle avait cessée d'entretenir depuis neuf nuits.

Emma arriva avec une souris de petite taille qu'elle déposa dans le creux avant de repartir. Ginger l'attrapa et se dirigea vers Omyra en souriant.

-Maintenant que tu es réveillée mon amie tu dois essayer de manger seule. J'ai due te donner la becquée pendant neuf nuits mais je pense que tu a assez de force pour cette minuscule souris. Emma m'a affirmé que si tu mange correctement on pourrait tenter de se balader un peu pour que tu réapprenne à te muscler les membres. Si tu suis bien la rééducation, d'ici quelques nuits tu pourra voler à nouveau.



Ginger babillait, elle s'en rendait compte et décida donc de se taire pour qu'Omyra reprenne des forces.

-Allez mange mon amie, tu va finir par en avoir assez de mon bavardage, mais je suis tellement soulagée, tu ne peux pas imaginée comme j'ai eu peur de te perdre.



Elle lui tendit la petite souris.
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MessageSujet: Désolée pour le retard -_-'   Dim 24 Nov - 12:58

La jeune espionne regardait son amie, le regard à moité perdu, à moité encore endormi, ce qui donnait sûrement un curieux mélange. Hagard elle regadrait sa partenaire de mission. Ses yeux descendirent sur les belles plumes rousses de Ginger, et Omyra se demanda un instant si elle avait connu cette chouette auparavent, avant de se rappeler totu à fait de son passé. Comme si elle avait eu un bref trou de mémoire. Elle s’en voulu instantanément. Comment pouvait-elle oublier sa meilleure amie ?

Ginger répondit à une question que l’effraie chocolat avait déjà oublié :
-Tu a dormi longtemps Omyra, on commençait à perdre espoir, même Emma ne se faisait plus d'illusions. Neuf nuits, c'est ton temps de sommeil, encore quelques jours de plus et...

Sa voix s’étaignit avant d’avoir fini de prononcer cette phrase, la laissant en suspens dans les airs chauds des canyons. Meme en cherchant dans les tréfonds  de son esprit, Omyra avait la tête trop embrumée pour trouver quoique ce soit por finir cette phrase et lui donner tout son sens.
Que voulait-elle dire par là ?

Encore quelques jours ? Après, quoi ?
Elle allait l’abandonner, la remplacer ? Ou bien quoi ? Elle aurait été abandonnée ? Mais…. Mais pourquoi ? Omyra ne comprenait pas ce qu’il se passait. Elle ne voulait pas comprendre, et ne voulait pas savoir ce qu’il lui arrivait.
Chut.

Elle ne vit pas l’infirmière arriver avec quelque rongeur dans le bec. Comment s’appelait-elle, déjà ? Fromage ? Ella ? Ha oui, ça sonne mieux comme ça. Emma, peut-être. Oui, c’est cela. Emma, c’est ce qui sonnait le mieux dans sa tête. Non, elle n’avait pas perdu la mémoire. Omyra était juste complètement déboussolée. Il lui fallait juste un peu de temps pour se remettre dans le bain. Revenir au moment présent. Ginger s’approcha d’elle l’air enthousiaste et plein d’espoir; Elle avait visiblement l’air très contente de la voir. Omyra sourit, Comme dans un rêve, elle était heureuse de la revoir également, mais, au fond d’elle même, elle ne ressentait rien. Pas la moindre trace, la moindre preuve qui aurait pu lui réveiller le gésier. Il était comme figé, gelé. Inategnable.
-Maintenant que tu es réveillée mon amie tu dois essayer de manger seule. J'ai due te donner la becquée pendant neuf nuits mais je pense que tu a assez de force pour cette minuscule souris. Emma m'a affirmé que si tu mange correctement on pourrait tenter de se balader un peu pour que tu réapprenne à te muscler les membres. Si tu suis bien la rééducation, d'ici quelques nuits tu pourra voler à nouveau.

Ah, oui, c’était bien Emma, donc. Super nouvelle, Omyra ne devenait pas folle. Youpi. Pourtant, Omyra se sentait ^parfaitement bien, en dehors de son gésier qui faisait des siennes. Neuf nuits ne suffisent pas à démuscler une chouette au point de l’empêcher de s’envoler, Ginger devait exagérer et se faire un sang d’encre pour rien. Omyra aurait certainement quelques difficulté pour l’envol, ce n’était pas à exclure. D’ailleurs,
l’effraie ménanôme n’avait qu’une envie; s’envoler de nouveau, sentir le vent carresser ses plumes sombres.
- Allez mange mon amie, tu va finir par en avoir assez de mon bavardage, mais je suis tellement soulagée, tu ne peux pas imaginée comme j'ai eu peur de te perdre.

Omyra, hésitante devant l’offre  de son amie hésita un instant, avant de prendre le petit animal de sa patte. Elle le considéra un instant comme était la plus belle chose qu’il lui avait été donné de voir, et englouti goulument la petite bête. Son gésier resta de marbre, cependant. Aucun bonheur, aucun plaisir. Omyra était pourtant heureuse de retrouver ceux qu’elle connaissait et considérait comme sa propre famille, et pourtant, son gésier n’avait pas frémit une seule fois depuis qu’elle s’était réveillée. Pourquoi ?

Lentement, la jeune Sang-Pur s’enfonça dans un silence pensif. Elle soupira. On lui avait souvent dit de se fier à son gésier. Tout le temps. Surtout lors des moments difficiles, ou lorsqu’elle doutait. Elle avait à présent les deux. Si son gésier ne s’éveillait pas, peut-être qu’elle devait le suivre. La joie disparue peu à peu, et lorsqu’elle se tourna vers Ginger, sa voix sembla aussi gelée que l’était son esprit pétrifié.
- Merci beaucoup, mon amie. Merci d’avoir toujours cru en moi. Jusqu’au bout.

Elle fit une mise au point de tout ce qu’elle avait vécu récemment, même si, pour elle, cela n’avait plus vraiment de sens.
- Ginger ? Je peux te demander une faveur ?
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Plume brisée et cœur broyé

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